Rapport pour une stratégie française de la finance verte

Paru dans le N°244 - 25 janvier 2018
Finances publiques

La mission sur le développement de la finance verte menée par Pierre Ducret (contrôleur général et conseiller Climat et COP21 pour le groupe Caisse des Dépôts) et Sylvie Lemmet (conseillère maître à la Cour des comptes), appuyés de l’Inspection générale des finances et du Commissariat Général au Développement Durable a rendu en décembre dernier son rapport au ministre de la transition écologique et solidaire et au ministre de l’économie et des finances.

Les auteurs du rapport dressent un état des lieux de la situation mondiale et nationale(1). Ils soulignent les engagements des acteurs financiers (investisseurs et gestionnaires d’actifs, banques, compagnies d’assurance) à développer des produits et services directement destinés à financer des actifs verts ainsi qu’un rôle pionnier des autorités françaises et de la place financière de Paris au service de la transition énergétique et écologique.

Elaboré afin d’aligner les flux des capitaux avec les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat(2), le rapport identifie des leviers que peuvent utiliser l’industrie et les autorités financières pour mieux réorienter les capitaux vers un financement du « verdissement » de l’économie. Ainsi, selon les rapporteurs, une finance verte devrait notamment financer les investissements en matière de transition écologique et « assurer une allocation du capital compatible avec un réchauffement climatique inférieur à 2°, dans une trajectoire assurant la stabilité financière ».

Le rapport propose une stratégie articulée autour de quatre axes, chacun se déclinant en plusieurs actions.

Le premier axe suggère que la France, forte de son expertise dans le domaine de la finance verte, se positionne en leader européen, ou même mondial, afin de sensibiliser et de faire avancer la cause de la finance verte au niveau international en promouvant la construction d’une « taxonomie (identification et classification) partagée des projets et activités verts ».

La deuxième suggestion préconise un soutien accru de l’Etat au financement des investissements nécessaires à l’atteinte des objectifs de transition écologique et énergétique de la France en élaborant un « plan d’affaires de la transition énergétique » ou en restructurant des « dispositifs publics de soutien pour maximiser leur impact sur les financements privés ».

Le troisième axe de la stratégie présentée dans le rapport porte sur le financement du développement des pays du Sud, afin qu’il soit « peu carboné » (peu émetteur de gaz à effet de serre).

Enfin, le rapport recommande de « consolider le leadership français de la finance verte », en faisant de la finance verte le critère permettant de distinguer Paris des autres places financières, et en menant des actions de formation dédiées à la finance durable.

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