Etude de l’INSEE - 50 ans d’évolution des résidences principales : des logements plus grands et moins peuplés

Paru dans le N°321 - 8 juillet 2021
Questions sociales

Le 30 juin 2021, s’appuyant sur les données du recensement de la population française de 2018, l’INSEE a publié une étude sur l’évolution du parc de logements au 1er janvier 2018(1) :

Doublement du nombre de logements en cinquante ans : Au 1er janvier 2018, la France métropolitaine compte 35,3 millions de logements dont 29,0 millions de résidences principales, 3,5 millions de résidences secondaires ou occasionnelles et 2,8 millions de logements vacants. En 50 ans, entre 1968 et 2018, le nombre total de logements en France métropolitaine a presque doublé en augmentant en moyenne de 341 000 unités par an (+ 1,3 % par an), soit l’équivalent chaque année du nombre total de logements de départements comme le Loiret ou la Savoie.

Cette évolution résulte d’une part de la construction neuve et, d’autre part, de démolitions et du solde des transformations de logements en locaux non résidentiels. Cette évolution résulte également de la baisse du nombre de personnes par ménage (ou par logement), consécutive à des mises en couple plus tardives, aux ruptures d’unions plus fréquentes, ou à la baisse du nombre de familles nombreuses.

Forte progression du nombre de résidences principales dans les couronnes : Entre 1968 et 2018, le rythme annuel de progression de résidences principales dans les airs d'attraction des villes (+ 1,6 %) est bien plus important que dans les pôles (+ 1,0 %) et dans les communes hors attraction des villes (+ 0,7 %). En cinquante ans, la population a le plus augmenté dans les couronnes et la taille des ménages y a baissé modérément. L’effet démographique y est ainsi en général supérieur à l’effet de décohabitation.

Des résidences principales plus anciennes dans les communes hors attraction des villes : En 2018, la part de résidences principales anciennes est la plus élevée dans les communes hors attraction des villes : 36 % ont été construites avant 1946, contre 22 % pour l’ensemble de la France métropolitaine. Toutefois, la situation diffère fortement selon les communes. En effet, parmi les douze communes les plus peuplées, la part des résidences principales construites entre 1946 et 1990 varie entre 38 % à Bordeaux et 61 % à Grenoble. À Paris, cette part est de 40 %, mais la capitale se caractérise par une part très importante de résidences principales datant d’avant 1946 (50 %).

Nette augmentation de la taille des logements en cinquante ans : En France métropolitaine, l’augmentation du nombre de résidences principales s’est accompagnée d’une baisse de la part des petits logements de 1, 2 ou 3 pièces. En 1968, 59 % des résidences principales comptaient moins de 4 pièces, contre 40 % en 2018. La part des résidences principales de 5 pièces ou plus a en revanche doublé en cinquante ans, passant de 18 % en 1968 à 35 % en 2018.

Très forte amélioration de l’équipement sanitaire en cinquante ans : Conséquence de la construction de nouveaux logements et de la rénovation des plus anciens, presque toutes les résidences principales métropolitaines (99,6 %) disposent en 2018 d’une baignoire ou d’une douche, alors que seulement 47 % en disposaient en 1968. Le rythme d’installation de ces équipements varie selon les territoires.

Les chaudières individuelles désormais devant les poêles et les cheminées : En 2018, 71 % des résidences principales métropolitaines sont chauffées avec une chaudière individuelle ou avec un équipement tout électrique, 18 % disposent d’un mode de chauffage collectif et 11 % d’un autre mode de chauffage (poêles, cheminées ou cuisinières). En 1968, seulement 20 % des résidences principales étaient équipées de chaudières individuelles.

Électricité et gaz, principaux modes de chauffage des résidences principales en 2018 : En 2018, 70 % des résidences principales sont chauffées à l’électricité ou au gaz. Ces modes de chauffage ont nettement progressé en cinquante ans. En 1968, le chauffage électrique était presque inexistant. Entre 1968 et 2018, son utilisation a davantage augmenté dans les communes-centres et les couronnes que dans les communes hors attraction des villes. La moitié des résidences principales chauffées au fioul sont situées dans les couronnes. En cinquante ans, le recours au fioul comme moyen de chauffage principal a évolué de manière très différenciée. Dans les pôles, la part des résidences principales chauffées au fioul a progressé jusqu’en 1975 et diminue fortement depuis (elle n’atteint plus que 5 % en 2018).

Les résidences principales dans les départements d’outre-mer : Dans les départements d’outre-mer hors Mayotte, le nombre de résidences principales a augmenté en moyenne de 2,4 % par an entre 1968 et 2018, soit bien plus qu’en métropole. La progression est particulièrement importante entre 1982 et 1999.

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