Rapport annuel du CESE sur l’état de la France en 2021

Paru dans le N°315 - 8 avril 2021
Emploi

Le rapport annuel de l’année 2021 du CESE sur l’état de la France (1) analyse la société civile à travers un large spectre de questions économiques, sociales et environnementales. Il revient sur la méthode de préparation des rapports précédents qui, depuis 2016, s’appuie sur dix “nouveaux indicateurs de richesse“ destinés à pallier les limites des indicateurs habituels : faible évolution annuelle des indicateurs dont il est difficile de tirer des enseignements précis, mise à jour tardive des données, angles morts et dimensions non appréhendées.

Le CESE saisit l’opportunité d’une nouvelle mandature pour proposer des améliorations et recourir à des sous-indicateurs par territoire, genre, tranche d’âge, catégories socio- professionnelles. Il est également préconisé de mettre en place une collaboration avec d’autres instances : Conseil national de l’information statistique (CNIS), Autorité des Statistiques Publiques (ASP) et services statistiques ministériels.

Le Rapport annuel sur l’état de la France 2021 revient sur les fragilités croissantes de la société française ces cinq dernières années, met en lumière les vulnérabilités que les crises sanitaire, économique, sociale et environnementale ont révélées (I) et propose une sortie de crise en s’appuyant sur trois piliers (II).

I – Ce que les crises de 2020 et 2021 ont révélé : faible cohésion sociale, potentiel méconnu des territoires, dépendances : En 2021, l’état de la France est profondément affecté par la pandémie qui accentue les fractures et les faiblesses mises à jour dans les précédents rapports annuels sur l’Etat de la France du CESE.

Le CESE relève successivement :
- l’accroissement des dettes qui s’explique par les mesures exceptionnelles mais nécessaires, prises pour faire face aux conséquences économiques et sociales de la pandémie,

- l’absence de prise en compte de ses alertes répétées sur l’insuffisance de l’effort de recherche et la nécessité qu’il atteigne 3 % du PIB,

- les inégalités professionnelles, objets de nombreuses études et observations pendant la crise, autour de thèmes tels que les travailleurs dits « de premières lignes », la nécessaire revalorisation de certains métiers et l’investissement dans les capacités humaines,

- l’exiguïté et l’insalubrité des logements, qui pointent la nécessité d’accélérer les rénovations et de repenser l’organisation des territoires,

- les dépendances industrielles, l’étendue de la désindustrialisation de nos territoires qui sont les conséquences, selon le CESE, de l’insuffisance de notre recherche et développement, des délocalisations, et des investissements directs français à l’étranger,

- le potentiel méconnu des territoires qui a été mis en lumière pendant la crise et ce à plusieurs niveaux : gestion des urgences médicales, approvisionnements, mesures de confinement, appuis économiques aux entreprises, aides sociales aux ménages,

- la faiblesse croissante de la cohésion sociale qui a été mesurée à l’aune de la gravité de la crise sociale et de la défiance vis-à-vis des institutions. En particulier, les conséquences des choix de la gestion de la crise sur les enfants et sur les jeunes restent mal appréhendées. Ainsi, pour les plus jeunes, le moindre temps scolaire, les apprentissages via les écrans (et donc l’explosion du temps d’exposition aux écrans, sur lequel alertent les pédiatres), les retards pédagogiques et les décrochages observés, les suspensions de pratiques sportives et musicales collectives constituent autant de difficultés dont les conséquences se feront sentir,

- l’importance de la question alimentaire en temps de crise et pour l’avenir a clairement été réaffirmée à l’occasion de la crise. La capacité d’adaptation dont ont fait preuve les filières agricoles a permis d’éviter des ruptures d’approvisionnement et de production.

II – Des issues aux crises : une nouvelle boussole pour un nouveau cap et une sortie de crise axée sur trois piliers : Le CESE est décidé à jouer pleinement son rôle dans les années à venir pour apporter des éclairages complémentaires sur les évolutions de la société et proposer des mesures susceptibles de mieux se préparer aux futures crises et d’envisager l’avenir plus sereinement.

Il entend ainsi que ses productions du Conseil et celles des citoyens associés à ses travaux constituent un apport au débat public et puissent contribuer à guider les choix de l’exécutif en répondant aux urgences économique, sociale et environnementale dans le sens d’une plus grande justice sociale.

Selon le CESE la sortie de crise doit s’appuyer sur trois piliers :

- relancer les activités en favorisant une croissance d’un nouveau type : investir dans les capacités humaines (formation, recherche et développement, transition vers les nouveaux métiers,…) ; accompagner les entreprises, en particulier les TPE et PME vers une transition écologique de l’économie et une nouvelle politique industrielle ; transformer le rôle du crédit bancaire ; orienter l’épargne vers une finance responsable et de long terme ; mieux utiliser l’effet levier de la commande publique et, enfin, mieux orienter les aides publiques et conditionner le soutien aux entreprises à des critères environnementaux, sociaux et économiques ;

- créer de nouvelles solidarités centrées autour de la sécurisation du travail, de l’emploi, des revenus, en privilégiant les investissements matériels et immatériels, les emplois de qualité et l’engagement d’une refondation globale de la fiscalité ;

- décider ensemble en développant un dialogue de fond à tous les niveaux : développer et moderniser les services publics, renforcer les territoires et préserver la démocratie et les libertés publiques. Face à ces défis, en insistant sur la prise en compte des liens intrinsèques entre économie, social et environnemental, le rapport sur l’état de la France en 2021 propose ainsi de construire ensemble la France de demain, vers un nouveau cap, privilégiant le long terme pour une société plus juste, plus solidaire, plus durable et davantage préoccupée par le bien commun.

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