Publication d’une étude sur l’industrie du jeu vidéo par la Direction générale des entreprises du ministère de l’économie des finances et de la relance

Paru dans le N°314 - 25 mars 2021
Marchés

La direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l’économie des finances et de la relance a publié en mars 2021 une étude sur l’industrie du jeu vidéo en France(1).

L’étude dresse un état des lieux de l’industrie du jeu vidéo en France, identifie les freins et leviers pesant sur ce secteur ainsi que les recommandations pour y remédier.

L’industrie du jeu vidéo est en pleine expansion en France. En 2018, près de 960 structures concourent au dynamisme de la filière, depuis le développement des produits jusqu’à leur distribution. Entre 2010 et 2018, le nombre d’acteurs du secteur a cru de 9% en moyenne par an.

L’écosystème français est favorable à la création de nouvelles entreprises dans le domaine du jeu vidéo. En 10 ans, 514 nouveaux studios et éditeurs ont été créés, soit une croissance annuelle moyenne de plus de 10%. Le chiffre d’affaires de ces entreprises a également augmenté : celui des studios a connu une croissance de 117% en 10 ans, tandis que celui des éditeurs a connu une croissance de 56% sur la même période.

La filière du jeu vidéo emploie environ 12 000 personnes en 2018 et sa dynamique de recrutement est très volontaire et la majorité des contrats de travail sont à durée indéterminée. La part des femmes est faible dans les studios (19%) tandis que les éditeurs et distributeurs atteignent la parité.

La France est un acteur important du jeu vidéo sur la scène internationale, notamment sur le segment du mobile. Sur le marché français, 55% des jeux commercialisés sont des jeux mobiles dont 11% sont produits en France.

La France se distingue également par les organismes de formation de qualité dont elle dispose. Au niveau international, la formation française bénéficie d’une excellente réputation avec une présence régulière des écoles de jeu vidéo dans les classements les plus prestigieux de l’industrie. Les offres de formation sont essentiellement privées. Il existe une seule offre de formation publique sur le territoire (« Cnam-Enjmin ») comparé à l’Allemagne qui en compte 63.

Certains acteurs estiment que le manque d’écoles publiques est un obstacle au développement du secteur en France. Par ailleurs, la formation gagnerait à offrir des enseignements présentant une vision plus globale de l’industrie (économie, gestion, management, stratégie etc.). Pour les organismes de formation, la diversification sociale et la féminisation des profils est à approfondir ainsi que l’insertion des étudiants dans le monde professionnel par les contrats de professionnalisation.

L’industrie du jeu vidéo s’appuie sur les nouvelles innovations technologiques impactant les processus créatifs ainsi que les modèles de commercialisation des jeux, tels que l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, la 5G, la technologie "Blockchain" etc.

L’industrie est marquée par une forte dématérialisation des jeux et l’essor des plateformes de streaming, de cloud gaming(2) et des modèles d’abonnement. Les passerelles entre les jeux et les réseaux sociaux sont devenues un enjeu clé à travers notamment des plateformes à succès telles que Twitch ou Discord.

En France, le financement des jeux vidéo peut prendre différentes formes : autofinancement, contrats d’édition, fonds d’investissement, prêts bancaire, financement participatif et financements publics.

90% des studios interrogés dans le cadre de l’étude ont recourt à un financement externe et seulement 10% autofinancent totalement leurs jeux.

Les acteurs français ont prioritairement recours aux financements étrangers. Cela s’explique par la différence de capacité de financement entre les fonds d’investissements étrangers et les fonds français. Par ailleurs, le financement par les banques généralistes est encore peu développé en raison de la difficulté des établissements de crédit à appréhender le marché du jeu vidéo (fluctuation de flux de trésorerie, gestion des risques etc.). Le financement public est également très présent aux côtés des entreprises du secteur (fonds d’aide au jeu vidéo – FAJV ; crédit d’impôt jeu vidéo – CIJV ; fonds de prêts participatif en faveur du jeu vidéo – FPJV etc.).

L’étude relève que les crédits d’impôts dédiés au jeu vidéo sont des instruments de politiques publiques qui aliment fortement la concurrence internationale entre les pays producteurs dans un contexte où la France a trois concurrents majeurs (le Canada, la Finlande et le Royaume-Uni).

  • (1) DGE - Etude "L'industrie du jeu vidéo en France", mars 2021
  • (2) Le cloud gaming est la promesse de jouer à des jeux de manière instantanée depuis n’importe quel type d’écran et se caractérise par la mise en place de plateformes avec un catalogue de jeux limité et accessible depuis tous les écrans en quelques secondes depuis internet.
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