Le rapport du CESE sur l’état de la France 2020 : « Se donner un nouveau cap »

Paru dans le N°300 - 23 juillet 2020
Questions sociales

Le rapport du CESE 2020 (1) formule les interrogations auxquelles la crise sanitaire a confronté notre société et les défis à surmonter pour sortir de la crise. Les préconisations contenues dans le rapport annuel du CESE se veulent concrètes, articulées autour d’un projet collectif ambitieux, afin que la relance soit plus efficace.

Avec ce projet de développement durable et solidaire, la France doit être mieux préparée pour affronter les prochaines crises, qu’elles soient sanitaires, économiques, sociales, informatiques ou environnementales.

Les préconisations du rapport reposent sur six grands axes :
  • L’urgence écologique : le CESE préconise que l’empreinte carbone soit un indicateur central des politiques publiques mettant le cap sur une économie plus circulaire, grâce à l’intensification de la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE), les circuits courts, des chaînes d’approvisionnement moins complexes et mieux réparties, la rénovation thermique des bâtiments.
  • L’accès réel à des services publics de qualité dans tous les territoires, notamment aux services de la santé. Cet accès particulièrement "nécessaire à la cohésion sociale" est "indispensable pour permettre aux ménages d’amortir le choc d’éventuelles prochaines crises". Le CESE recommande que la qualité de l’action publique fasse l’objet d’une évaluation de ses engagements et de ses résultats sur le long terme.
  • Le soutien aux entreprises : le rythme de reprise de la croissance dépendra en partie de l’ampleur de ce soutien pour leur permettre de faire face à l’augmentation de leur endettement lors de cette crise. Le CESE propose d’augmenter la durée d’amortissement des plans garantis par l’État (PGE) de 5 à 10 ans. Afin de contenir le nombre de défaillances d’entreprises et de suppressions d’emplois, "le soutien aux entreprises doit s’appuyer sur la complémentarité des territoires grâce à la recomposition de chaînes d’approvisionnement moins complexes".
  • Les jeunes étant particulièrement exposés aux conséquences de la crise économique, les dispositifs d’accompagnement et de soutien les concernant doivent être "étendus et approfondis, notamment par la formation, la mise en oeuvre d’un revenu minimum et le développement des contrats aidés".
  • Pour lutter contre l’accroissement des inégalités, la rémunération des professions insuffisamment reconnues doit être revalorisée et les plus vulnérables doivent bénéficier de mesures de sécurisation de l’emploi : revenu minimum social garanti, reconversions facilitées, adaptation des qualifications et des compétences.
  • Un renouveau institutionnel est nécessaire pour améliorer la planification et la formulation des politiques publiques associant les citoyens et la société civile organisée, leur mise en œuvre devant "bénéficier d’une meilleure répartition des rôles entre les échelons central et territorial dans le cadre d’une révision des lois de décentralisation".

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