La direction générale des entreprises publie une étude sur l’impact économique et le potentiel de développement des usages du vélo en France

Paru dans le N°296 - 28 mai 2020
Marchés

La direction générale des entreprises (DGE) a publié une étude dans laquelle sont analysés les usages et l’économie du vélo en France ainsi que les perspectives de développement de ce mode de déplacement(1).

Dans une première partie, l’étude réalise un état des lieux de la pratique du vélo en France dans ses dimensions urbaines, touristiques, sportives ou encore de loisirs, et fait le constat de profondes mutations survenues ces dix dernières années. Notamment, le choix du vélo comme mode de déplacement a fortement augmenté en milieu urbain, avec une augmentation de 50% à Bordeaux entre 2015 et 2019 et de 30% à Paris entre 2010 et 2018. Cette hausse concerne en particulier les centres-villes et les déplacements domicile-travail. À l’inverse, sa pratique a diminué en milieu périurbain et en banlieue de même qu’en milieu rural, si bien que la pratique du vélo au quotidien baisse en France pour s’établir à 5 %, contre 19 % en Allemagne et 43 % aux Pays-Bas.

L’étude souligne par ailleurs la réorganisation du marché du vélo dont le chiffre d’affaires a augmenté de 51% en l’espace de dix ans, malgré une baisse en volume. Cette progression en valeur est en grande partie attribuée à l’essor rapide du vélo à assistance électrique (VAE) qui a connu un doublement de son taux de vente en 2017. De plus, si le chiffre d’affaires du secteur de la fabrication de vélos et pièces a augmenté en France de 57 % en dix ans, passant de 344 à 539 millions d’euros, le déficit de la balance commerciale a augmenté.

En dix ans, le budget d’investissement des collectivités sur les politiques cyclables a augmenté de 40 % (de 328 à 468 millions d’euros). Ces investissements ont contribué à l’augmentation de 46 % des retombées économiques du tourisme à vélo. Les retombées économiques directes sont estimées à 8,2 milliards d’euros par an avec près de 80 000 emplois, et à 29,5 milliards d’euros pour les bénéfices socioéconomiques indirects pour une part modale du vélo de 3 %.

L’étude réalise dans une deuxième partie une évaluation prospective à cinq à dix ans du développement des usages du vélo et de leur impact sur l’économie. En suivant la tendance actuelle, la fracture territoriale s’aggraverait et la part modale du vélo n’atteindrait que 3,5 %. Un rattrapage avec une part modale de 9 % nécessiterait une rupture de la tendance actuellement observée dans les villes moyennes, en banlieue et dans les secteurs peu denses avec un vaste programme d’infrastructures cyclables dans ces zones et le déploiement massif des services de location de VAE et de vélos cargo, avec un budget annuel moyen de 25€ par habitant contre 8,9€ aujourd’hui.

Un scénario « volontariste » permettant d’atteindre une part modale de 9 % d’ici 2024 (soit l’objectif du plan gouvernemental sur les mobilités actives)(2), 24 % en 2030 et 41 % en 2040 serait encore plus ambitieux avec un budget moyen de 70€ par habitant, et impliquerait la généralisation des schémas vélo à toutes les échelles territoriales. Le rapport estime qu’avec une part modale portée à 24 % d’ici 2030, les retombées socioéconomiques s’élèveraient à 130 milliards d’euros.

S’appuyant sur les bonnes pratiques observées à l’international, l’étude recommande d’amplifier massivement les efforts d’investissements dans les politiques cyclables des pouvoirs publics sur l’ensemble du territoire. Afin de développer un réseau cyclable complet, la maîtrise d’ouvrage intercommunale doit être favorisée. De plus, le renforcement de l’intermodalité et notamment le déploiement de stationnement de vélos près des gares favoriserait l’augmentation de la part modale du vélo, tout en réduisant en parallèle l’espace réservé à l’automobile et en particulier à son stationnement. Il est également recommandé de poursuivre le déploiement du VAE en dehors des centres villes. Enfin, la promotion de ce mode de déplacement, qu’il soit utilitaire et de loisirs, pourra s’appuyer sur des arguments de santé publique.

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