Publication d’une note de la direction générale du Trésor sur les exportations françaises de biens vers l’Union européenne

Paru dans le N°287 - 16 janvier 2020
Marchés

La direction générale du Trésor a publié une note(1), le 19 décembre 2019, sur les exportations françaises de biens vers l’Union européenne.

Si le marché intérieur européen reste le principal débouché des exportations françaises (59% en 2018), la France a régulièrement perdu des parts de marché depuis 2000. Elle reste le troisième contributeur, après l’Allemagne et les Pays-Bas qui ont su, au contraire, consolider leurs parts de marché. Certains pays d’Europe centrale ont fortement progressé, en particulier la Pologne, la République tchèque et la Hongrie.

Ce recul de la France s’explique principalement par l’accroissement du poids des économies émergentes dans les échanges mondiaux : la part de marché de la Chine pour les biens est ainsi passée de 1% en 1980 à 13% en 2017.

L’intensité concurrentielle au sein de l’UE entre la France et l’Allemagne reste forte, elle s’accentue avec les Pays-Bas et l’Espagne et elle s’amoindrit avec l'Italie, la Belgique et le Royaume-Uni.

L’intensification de la concurrence a été particulièrement marquée dans le secteur automobile, qui représente 9.8% en 2018 des exportations intra-UE de la France (contre 16% en 2000), avec la République tchèque, la Pologne, la Hongrie et la Roumanie. Ceci s’explique par la délocalisation vers ces pays d’une partie de la production de nombreux constructeurs européens afin de profiter des bas coûts de production. Ainsi, « selon l’OCDE, en 2015, 17% de la valeur ajoutée des exportations automobiles allemandes (vers le monde) serait originaire des États membres de l’UE entrés depuis 2004 (ce taux n’est que de 11% pour l’Italie et 8% pour la France) ».

La note précise que la détérioration, dans les années 2000, de sa compétitivité-coût et la montée en gamme insuffisante de ses produits ont également constitué des freins aux exportations de biens de la France.

Ce recul de la France dans l’exportation de biens intra-UE contraste avec les bonnes performances de ses exportations de services dans des secteurs à haute valeur ajoutée. Ainsi « en 2018, la France a exporté pour 248 Md€ de services, dont 137 Md€ vers l'UE (à comparer à 293 Md€ de biens), où elle bénéficie, en flux intra-zone, de la deuxième part de marché la plus importante (11,3%), derrière l'Allemagne (12,4%) et devant le Royaume-Uni (10,9%) ».

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