La DGE publie un rapport relatif aux enjeux et perspectives pour les entreprises du secteur de l’eau

Paru dans le N°278 - 18 juillet 2019
Entreprises

La Direction générale des entreprises (DGE) et la Filière française de l’eau (FFE) ont publié un rapport traitant des enjeux et perspectives pour les entreprises du secteur de l’eau(1).

Au-delà de la superposition des cadres réglementaires européen et national, le rapport situe les principaux enjeux de la filière française à l’échelon local. Les collectivités choisissent le mode de gestion de l’eau sur leur territoire au regard des contraintes spécifiques auxquelles elles sont soumises. À cela s’ajoute la multiplicité de domaines dans lesquels l’eau intervient, de l’écologie à la santé en passant par les activités industrielles et agricoles.

L’organisation complexe de la filière de l’eau peut être ramenée à deux cycles :
  • Le petit cycle qui concerne les usages domestiques de l’eau, c’est-à-dire la production et la distribution de l’eau potable ainsi que la collecte et le traitement des eaux usées ;
  • Le cycle naturel, ou grand cycle, qui se rapporte à la gestion et la préservation de la ressource, sa surveillance, mais aussi sa résilience.

Si le chiffre d’affaires généré par le grand cycle est difficile à estimer, le rapport « Eau potable et assainissement : à quel prix ? » établi en 2016 par le Conseil général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) évalue celui du petit cycle aux alentours de 12 milliards d’euros annuels.

La filière de l’eau est aujourd’hui marquée par la hausse démographique qui affecte la qualité de l’eau et les quantités disponibles, notamment par l’extension des surfaces agricoles, mais aussi l’artificialisation des sols. En outre, la tendance est à la raréfaction des ressources en eau tandis que la protection des milieux et de la biodiversité devient un enjeu majeur. Malgré un prix du service de fourniture d’eau potable et d’assainissement stable et inférieur à la moyenne européenne et les possibilités de gestion intelligentes de l’eau en développement, la réglementation demeure un frein à l’expérimentation et au déploiement de solutions innovantes tandis que les connaissances scientifiques et techniques ont vocation à être complétées et consolidées.

Face aux enjeux de renouvellement des infrastructures, d’adaptation du service d’eau et des méthodes d’assainissement à la dynamique de métropolisation, de lutte contre les effets du changement climatiques et les micropolluants ou encore l’ouverture de la filière à l’innovation, le rapport envisage quatre types de solutions : 
  • L’utilisation optimale des données par de nouveaux moyens de collecte, d’exploitation et de valorisation de l’information ;
  • L’intégration de nouveaux procédés de fabrication, matériaux et outils de gestion pour des infrastructures durables ; 
  • L’optimisation des traitements et la mise en œuvre de traitements avancés pour la restitution et la réutilisation optimale des eaux usées traitées ;
  • L’application du principe de l’économie circulaire par la réduction de l’empreinte et de la dépendance énergétique des infrastructures et la production de nouvelles ressources.

À l’issue de cette analyse de la filière française et des défis auxquels elle se trouve confrontée, l’étude formule une série de recommandations à visée opérationnelle :
  1. Décloisonner le secteur de l’eau, aussi bien au sein de la filière (petit cycle, grand cycle) qu’avec les secteurs connexes ;
  2. Créer un centre d’excellence dédié à l’eau ;
  3. Créer un champ d’expérimentation et de déploiement des solutions nouvelles en grandeur réelle ;
  4. Établir des modèles d’affaires et de financement innovants ;
  5. Renforcer le modèle de la filière française de l’eau face aux évolutions des métiers et des compétences et des besoins en formation ;
  6. Sensibiliser les consommateurs et les décideurs aux enjeux de la filière de l’eau.

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