Etude économique de l’OCDE sur la France : les nouvelles réformes pourraient entraîner la croissance, améliorer la viabilité des finances publiques et renforcer la cohésion sociale

Paru dans le N°272 - 25 avril 2019
Marchés

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié le 9 avril 2019 une étude économique sur la France(1). Elle examine les facteurs à l’origine des résultats économiques du pays et propose plusieurs mesures susceptibles de dynamiser la productivité et la compétitivité.

Les auteurs du rapport constatent dans un premier temps que la croissance française marque un ralentissement après une reprise progressive. « La conjoncture mondiale, la politique monétaire et des réformes structurelles ont soutenu les exportations et l’investissement ces dernières années. Cependant, les incertitudes mondiales et les effets des mouvements sociaux ont pesé sur l’activité en 2018. Les taux d’emploi restent faibles et la situation des finances publiques ne s’est pas redressée. La progression des salaires réels et les gains de productivité n’ont pas retrouvé leurs niveaux d’avant la crise, malgré un léger rebond en 2017-18 ».

L'OCDE encourage le Gouvernement à poursuivre les réformes engagées, notamment celles relatives à l’assainissement budgétaire pour garantir une baisse progressive du ratio dette/PIB.

L’étude estime que le système de retraites est fragmenté et que les dépenses demeurent élevées avec un âge effectif de départ bas. Elle recommande « de revoir les pénalités et primes de retraite pour favoriser un relèvement de l’âge effectif de retrait du marché du travail et les retraites progressives ».

Elle préconise par ailleurs une simplification du système fiscal visant à diminuer « en priorité les exonérations et taux réduits qui ne bénéficient pas aux plus modestes et diminuer les taux d’imposition ».

L’OCDE incite la France à promouvoir l’emploi pour rendre la croissance plus inclusive. Le taux de chômage de longue durée reste, pour les auteurs du rapport, élevé et les taux d’emploi sont faibles notamment pour les personnes peu qualifiées. Elle recommande de « faire porter principalement les exonérations de cotisations sociales des employeurs sur les bas salaires ».

De même, le recours à des contrats à durée déterminée courts et récurrents est répandu. Il conviendrait de moduler le coût du travail et de limiter les possibilités de cumul des droits à l’assurance chômage sur des périodes récurrentes d’activité partielle et le rechargement des droits sur des courtes périodes de travail.

L’OCDE prévoit dans cette étude une croissance de 1.3 % pour 2019 et puis pour 2020. Ce qui sera toutefois insuffisant pour entraîner une décrue rapide du chômage et une amélioration notable des finances publiques.

Pour améliorer la productivité et la compétitivité, elle recommande de « confier à une institution indépendante un examen complet de toutes les réglementations en place et proposées s’appliquant aux entreprises ».

Enfin, l’OCDE appelle à rééquilibrer l’économie en faveur d’une croissance plus verte. Elle relève que la France est un des principaux consommateurs de pesticides, ce qui pose des risques pour la santé et l’environnement.

L’évaluation des risques des produits phytosanitaires doit être renforcée, ainsi que la participation aux travaux de recherche européenne pour remplacer progressivement les substances identifiées comme les plus nocives.

Informations légales | Données personnelles