Rapport de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale sur la diplomatie économique de la France

Paru dans le N°260 - 25 octobre 2018
Entreprises

La commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a déposé un rapport d’information1, publié le 3 octobre 2018, consacré à la diplomatie économique en conclusion des travaux d'une mission d'information dédiée.

Ce rapport dresse deux constats :

i) la récurrence du déficit commercial de la France depuis 2004, à hauteur de plus de 60 Mds € pour les marchandises en 2017 : ce déficit est de moins en moins compensé par les échanges de services, portés notamment par l’accueil des visiteurs étrangers et traditionnellement excédentaires à hauteur de 15 à 25 Mds € par an ;

ii) les tensions commerciales croissantes entre grands pays ou blocs. Le rapport souligne que jamais l’expression de « guerre économique » n’a paru si justifiée, légitimant dès lors une « diplomatie économique » c’est-à-dire la mobilisation de l’outil diplomatique au service des intérêts économiques.
 
Le rapport analyse les déterminants du solde extérieur. La situation de la France n’apparaît pas favorable s’agissant des facteurs quantitatifs (coûts) et qualitatifs de la compétitivité. Ainsi pour les coûts de main d’œuvre, la France demeure un des pays européens « chers », du fait notamment des coûts indirects (charges sociales et impôts liés aux salaires). L’impact de la désindustrialisation, l’insuffisance de la « culture de l’international » et de maîtrise des langues étrangères influencent également l’état du solde commercial.

Le rapport présente dix-neuf recommandations pour améliorer la situation du commerce extérieur.

Il propose de répandre la culture de l’international en s’obligeant à expertiser l’impact sur le solde extérieur de toutes les mesures de compétitivité de portée générale, notamment fiscales et sociales, afin de les ajuster en conséquence si besoin.

Il préconise le renforcement de l’enseignement de l’anglais et plus généralement des langues étrangères : « il ne s’agit pas seulement d’enseigner les langues, mais aussi de développer la connaissance des cultures, notamment économiques, de nos partenaires ».

Il souligne l’importance de mettre en œuvre et de poursuivre la réforme du dispositif d’accompagnement des entreprises à l’international, en mobilisant tous les opérateurs, y compris la diplomatie parlementaire.

Le rapport propose de tester de nouvelles modalités de financement de l’export et de dynamiser les outils financiers existants. Par exemple l’expérimentation du « VIE senior » permettrait aux entreprises de se lancer sur un nouveau marché avec l’aide d’un consultant expérimenté, capable d’apporter une expertise ciblée, dont la rémunération serait prise en charge en partie sur fonds publics.

Enfin, des dispositifs orientant l’épargne vers le développement international des ETI et PME, seraient à expertiser, par exemple en instituant une forme de garantie publique des investissements (directs ou plus vraisemblablement indirects) des particuliers.

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