Projections macroéconomiques de la Banque de France : la croissance du PIB en France serait de 1,6 % en 2018, 2019 et 2020

Paru dans le N°258 - 27 septembre 2018
Marchés

Selon les projections de la Banque de France, publiées le 14 septembre 2018(1), la croissance du produit intérieur brut (PIB) en France serait de 1,6 % en 2018, 2019 et 2020 dans un contexte international qu’elle juge moins dynamique et plus incertain (montée du protectionnisme, crises dans certaines économies émergentes, Brexit, etc.). Elle a ainsi abaissé ses précédentes prévisions de croissance de juin 2018 notamment du fait de l’environnement international moins porteur, avec en particulier une révision à la baisse de la demande adressée à la France. En outre, elle indique que la demande intérieure reviendrait plus en ligne avec ses déterminants habituels après deux années particulièrement dynamiques.

Dans le contexte de ralentissement de l’activité par rapport à l’an dernier, le ratio de déficit public se stabiliserait en 2018 à 2,6 % du PIB.

Les créations nettes d’emplois ont été très soutenues en 2017 (330 000) et elles resteraient importantes en moyenne annuelle en 2018 (245 000). La Banque de France prévoit qu’elles pourraient fléchir quelque peu en 2019 (140 000) et 2020 (160 000). La réduction du nombre d’emplois aidés, surtout en 2018 et 2019, ralentirait en effet la progression de l’emploi total sur l’horizon de projection. En outre, avec le ralentissement de l’activité, les créations d’emplois dans le secteur privé ne progresseraient plus au rythme très élevé connu en 2017, comme déjà constaté au deuxième trimestre 2018.

Sur la base des projections démographiques de l’Insee, elle ajoute que ceci permettrait au taux de chômage de continuer à décroître de 9,1 % au deuxième trimestre 2018 à 8,3 % fin 2020 (France entière, y compris DOM), soit son plus bas niveau depuis la fin de l’année 2008.

L’inflation totale, c’est-à-dire l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), après son pic de l’été 2018, atteindrait 2,1 % en moyenne annuelle, sous l’effet notamment des prix de l’énergie, avant de redescendre à 1,7 % en 2019 et 1,8 % en 2020. L’inflation hors énergie et alimentation se redresserait progressivement pour atteindre 1,5 % fin 2020.

Le pouvoir d’achat des ménages progresserait de 1,0 % en 2018, après 1,4 % en 2017. Il accélèrerait à partir du second semestre de l’année 2018 et progresserait ainsi nettement en 2019 (1,7 %) et en 2020 (1,5 %). Cette progression du pouvoir d’achat des ménages serait tirée par deux facteurs : l’accélération du salaire nominal par tête et l’entrée en vigueur des mesures de baisse des prélèvements obligatoires (baisses de la taxe d’habitation et des taux de cotisations salariales notamment).

La Banque de France précise que ces projections macroéconomiques n’intègrent pas les nouvelles mesures budgétaires pour 2019 et 2020 qui seront dans le projet de loi de finances à venir.

Informations légales | Données personnelles