Remise du rapport économique de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) sur la France en 2017

Angel Gurria, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a présenté le 14 septembre 2017, la nouvelle étude économique sur la France à Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances(1).

Selon les estimations de l’OCDE, la croissance économique de la France, tirée par la consommation et l’investissement, devrait atteindre au moins 1,7 % en 2017-2018, en hausse par rapport aux prévisions de 1,3 % de juin dernier, taux le plus élevé enregistré depuis six ans. Le rapport pointe également que l’ « efficacité du système de protection sociale » et « l’existence d’un salaire minimum » permettent à la France de connaître un taux de pauvreté inférieur à ceux observés dans la plupart des autres pays de l’OCDE.

Pour autant, le rapport estime que de nouvelles réformes sont nécessaires pour maintenir la protection sociale à son niveau actuel, stimuler la création d’emplois et garantir la viabilité des finances publiques. L’OCDE propose ainsi d’engager plusieurs actions prioritaires pour l’avenir : rendre la fiscalité plus favorable à la création d’emplois et à la productivité, favoriser une plus grande inclusivité du marché du travail et améliorer la situation des populations des quartiers défavorisés et marginalisés. En outre, l’OCDE invite à définir une stratégie de long terme en vue de réduire et cibler la dépense publique pour garantir la protection sociale et améliorer ses effets sur la diminution des inégalités.

Les auteurs du rapport recommandent donc de :
  • simplifier le système de formation et développer l’apprentissage dans des lycées professionnels en encourageant les entreprises à former de jeunes apprentis ;
  • inciter davantage les enseignants à exercer auprès d’élèves issus de milieux défavorisés en leur offrant de meilleurs salaires et des perspectives de carrière plus favorables;
  • mettre davantage l’accent sur les méthodes pédagogiques innovantes afin de repérer et de s’employer à résoudre les difficultés d’apprentissage et de répondre aux besoins différenciés des élèves d’une même classe.
De même, pour favoriser l’emploi et la production, le rapport considère que la législation du travail doit offrir aux entreprises, comme aux travailleurs, des marges de négociations plus importantes sur les conditions de travail et de salaires.

Le rapport souligne en outre que les dépenses publiques de la France, 56,4 % du PIB en 2016, sont les plus élevées de tous les pays de l’OCDE. En particulier, la France devrait s’employer à réduire les taux de l’impôt sur les revenus du travail pour les bas salaires et de l’impôt sur les revenus du capital, à passer à un système de retraite unique et à relever progressivement l’âge de départ à la retraite en s’alignant sur l’espérance de vie, à mieux maîtriser la coordination entre les prestataires de santé et à renforcer leur rôle en matière de prévention.

Enfin, le rapport consacre un chapitre spécifique aux quartiers défavorisés pour lesquels des investissements ciblés dans les infrastructures de transport et de logement ainsi que dans l’éducation et la formation pourraient, selon ses auteurs, améliorer les perspectives économiques et le bien-être des populations concernées.
 
Notes
puce note (1) Étude économiques de l'OCDE – France, septembre 2017
 
 
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