La France prend la présidence du Conseil de l’Union européenne dans un moment où l’économie mondiale est en train de se redéfinir

Nous sortons de la crise économique la plus importante depuis 1929, et nous vivons désormais de profondes transformations de l’économie mondiale : la régionalisation des chaînes de valeur, l’affirmation toujours plus forte de la puissance de la Chine, les tensions entre celles-ci et les États-Unis.

Cette redéfinition de l’économie mondiale s’inscrit au cœur de la présidence française de l’Union européenne.
Nous prenons également cette présidence de l’Union européenne, dans un moment où une nouvelle majorité en Allemagne a mis, pour la première fois, comme priorité la volonté d’indépendance stratégique de l’Europe. La France et l’Allemagne vont travailler ensemble, pour renforcer la souveraineté européenne.

Dans ce contexte, nous nous sommes fixés quatre objectifs concrets pour le ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance, dans le cadre défini par le Président de la République.

Notre premier objectif est de décupler les financements de notre économie. L’une des principales difficultés à laquelle les économies européennes sont confrontées est le manque de profondeur de leurs marchés financiers.

Pour répondre au besoin de financement des entreprises européennes, nous devons donc renforcer l’Union Bancaire et l’Union des Marchés de Capitaux. C’est l’un des objectifs de la présidence française de l’Union européenne.

Notre deuxième enjeu sur le financement de notre économie, est que nous puissions avancer dans la mise en place d’un euro digital, sous l’impulsion de Christine Lagarde. C’est la meilleure des manières d’affirmer la puissance de l’euro sur la scène internationale.

Enfin, l’amélioration du financement de notre économie passe par l’affirmation d'un nouveau modèle économique européen. Pendant la crise, nous avons su, partout dans l’Union européenne, massivement protéger nos salariés et nos entreprises, parce que nous avons su nous affranchir de certains dogmes, en levant notamment de la dette en commun.

Nous allons poursuivre la réflexion sur la réforme du Pacte de Stabilité et de Croissance. La règle de limitation du niveau de dette à 60 % du PIB n’est plus adaptée aux niveaux de dette des pays de la zone euro. Le Pacte doit suivre nos objectifs politiques : d’une part, financer les investissements pour nos transitions écologique et technologique, d’autre part, de rétablir des finances publiques saines.

Nous devons trouver un équilibre entre ces deux objectifs, avec la nécessité pour chaque Etat de prendre la responsabilité de présenter lui-même sa trajectoire de réduction des dépenses publiques et de désendettement, en s’engageant sur un calendrier de réformes.

Notre deuxième objectif pour la présidence de l’Union européenne sera d’accélérer le développement de nos projets industriels européens, pour bâtir de nouvelles chaînes de valeur stratégiques sur notre continent.

Sur ce sujet, un principe cardinal guide notre action : au 21ème siècle, il n’y a pas de souveraineté politique sans souveraineté technologique. Il faut donc bâtir notre souveraineté industrielle et technologique.

Nous allons la bâtir en finançant de nouvelles alliances industrielles européennes, dans laquelle la France prend toute sa part : nous investissons 8 milliards d’euros dans les projets importants d'intérêt européen commun (PIIEC), qui vont nous permettre de rivaliser technologiquement avec les deux grandes puissances technologiques de notre monde, la Chine et les Etats-Unis.

Nous investissons 1,5 milliard d’euros dans le PIIEC des batteries électriques, qui permettra d’ouvrir dès 2022 l’usine de Douvrain (2 000 salariés) et celle de Nersac. Nous contribuons à hauteur de 1,7 milliard d’euros au PIIEC des semi-conducteurs, auquel participent 10 projets français et qui sera mis en œuvre pendant la présidence française de l’Union européenne.

Grâce au PIIEC hydrogène, la France va également devenir l’un des leaders mondiaux de l’hydrogène décarboné, en en maîtrisant toute la chaîne de valeur, de la production d’électricité décarbonée à l’électrolyse jusqu’à la fourniture d’hydrogène pour nos véhicules. 3 des 9 milliards d’euros de notre plan hydrogène alimenteront le PIIEC, auquel participent 15 projets français.

La France prend également toute sa part au PIIEC santé, notamment pour produire du curare et du paracétamol, au PIIEC Cloud, pour soutenir les nouveaux acteurs européens du secteur, et à l’alliance spatiale européenne.

Troisième objectif du ministère de l’Économie et des Finances pour la présidence française de l’Union européenne, sera l’accélération de notre décarbonation.

Notre principal levier pour la décarbonation est le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Il est fondamental pour permettre à nos industries de se décarboner, tout en les protégeant de l’importation en Europe de produits carbonés concurrents venus d’ailleurs. Nous visons un accord du texte sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pendant la présidence française de l’Union européenne.

Enfin, notre quatrième et dernier objectif est la régulation des géants du numérique. Après quatre ans de combats menés par la France, la taxation minimale des entreprises multinationales, et notamment des géants du numérique, a été adoptée par le G20 et par l’OCDE. C’est un immense succès, qu’il faut maintenant traduire en textes juridiques. La taxation minimale de 15 % sera transposée dans le droit européen sous présidence française.

Enfin, sur cette régulation des géants du numérique, nous souhaitons également faire adopter les deux règlements fondamentaux que sont le règlement DMA pour la régulation des plateformes, et le règlement DSA sur les obligations en termes de diffusion de contenus ou de vente de produits dangereux.

Chacun l’aura saisi, notre ambition est grande et les objectifs de notre ministère sont très concrets, pour faire de la présidence française de l’Union européenne une grande réussite.

Je connais et je salue la mobilisation des Français sur le sujet. Je les en remercie sincèrement.
 
 
 
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