Déclaration de Rome des chefs d’Etats et de Gouvernement du G20 du 30 et 31 octobre 2021

Les chefs d’Etats et de Gouvernement du G20 (1) se sont réunis les 30 et 31 octobre 2021 à Rome pour évoquer les enjeux internationaux actuels. A l’issue du sommet, les dirigeants du G20 ont adopté une déclaration (2).

Le sommet du G20 a été l’occasion de revenir sur la reprise économique mondiale au rythme hétérogène dans les pays. Les banques centrales prendront les mesures nécessaires pour garantir la stabilité des prix et les pays du G20 se sont engagés à faire progresser le programme d’action figurant dans le plan d’action du G20 mis à jour en avril dernier (3) pour soutenir l’économie aussi longtemps que nécessaire de manière à favoriser la reprise économique mondiale. Le G20 restera vigilant face aux enjeux mondiaux qui ont des conséquences sur nos économies, comme les perturbations des chaînes d'approvisionnement.

Le G20 salue l’allocation, devenue effective fin août, de droits de tirages spéciaux (DTS) la plus élevée de l’histoire par le FMI, avec un montant de 650 Mds$ dont 275 Mds€ destinés au pays émergents et en voie de développement et 21 Mds€ aux pays à faible revenu. Plusieurs pays ont pris des engagements récents afin de mobiliser 45 Mds$ en faveur du Fonds pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (PRGT) du FMI, qui octroie des prêts à taux zéro aux 69 économies les plus pauvres.

Les pays se sont félicités des progrès accomplis au titre de l’initiative du G20 de suspension du service de la dette, à laquelle participe le Club de Paris : elle a permis de différer au moins 12,7 Mds$ de service de la dette au total entre les mois de mai 2020 et de décembre 2021.

Pour soutenir les programmes de relance des pays africains, le G20 appelle à une rapide reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement et du Fonds africain de développement.

Le processus de réforme de la gouvernance du FMI, dans le cadre de la 16ème révision générale des quotes-parts est en cours sur la base d’une nouvelle formule de calcul d’ici au 15 décembre 2023.

Le sommet a également été marqué par l’accord sur la réforme de la fiscalité internationale publié le 8 octobre dernier par le Cadre inclusif OCDE/G20 (4). L’accord   pour résoudre les défis fiscaux soulevés par la numérisation de l’économie, repose sur une répartition des droits d’imposition plus équitable entre les pays signataires (pilier 1) et un taux d’imposition minimal mondial des sociétés de 15% d’ici 2023 (pilier 2). Au 4 novembre 2021, 137 pays l’ont adopté sur 140.

La France, qui s’était très fortement investie pour faire aboutir cette réforme, a souligné qu’elle ferait de sa mise en œuvre   une priorité de sa présidence du Conseil de l’Union européenne (PFUE) au premier semestre 2022 (5).

Le G20 a salué le rapport du conseil de la stabilité financière (CSF) du 28 octobre relatif aux enseignements tirés de la pandémie de covid-19 (6) qui formule des recommandations visant à renforcer la résilience du secteur d’intermédiation financière non bancaire et réduire la nécessité des interventions exceptionnelles des banques centrales.

Le G20 réaffirme que "que les crypto-monnaies mondiales stables ne devraient pas commencer à circuler tant que l’ensemble des exigences pertinentes au plan juridique, règlementaire et en matière de contrôle n’ont pas été correctement satisfaites par une conception appropriée et l’adhésion aux normes applicables."

Concernant le commerce et les investissements, les pays du G20 s’engagent à ce que la 12ème conférence ministérielle de l’OMC soit productive et permette d’amorcer la réforme de l’organisation et également la conclusion d’un véritable accord de l’OMC sur les subventions à la pêche nuisibles d’ici la conférence.

En termes d’inclusion financière, les travaux du Partenariat mondial pour l’inclusion financière se poursuivront en axant les efforts sur l’inclusion financière numérique après la pandémie pour les petites et moyennes entreprises (7).

Enfin, le G20 a adopté le plan d’action en matière de lutte contre la corruption pour la période 2022-2024 (8).

 
Notes
puce note (1) Les 20 pays membres sont l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Arabie Saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, la France, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l'Union européenne.
puce note (2) La déclaration de Rome des dirigeants du G20
puce note (3) Mise à jour du plan d’action du G20 d’avril 2021 (en anglais)
puce note (4) Déclaration sur une solution reposant sur deux piliers pour résoudre les défis fiscaux soulevés par la numérisation de l'économie – 8 octobre 2021
puce note (5) DG Trésor : Bilan des réunions internationales du mois d’octobre 2021
puce note (6) Rapport final du Conseil de la stabilité financière relatif aux enseignements tirés de la pandémie de covid-19 (en anglais)
puce note (7) Partenariat mondial pour l’inclusion financière (GPFI) (en anglais)
puce note (8) Plan d’action du G20 de lutte contre la corruption pour 2022-2024
 
 
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