Plan de réduction des tensions de recrutement sur le marché du travail

Le Premier ministre a présenté les modalités du Plan d’investissement dans les compétences le 27 septembre 2021 en vue de favoriser la reprise d'un emploi, renforcer l’attractivité de certains métiers et rapprocher les besoins des employeurs avec les compétences des salariés et des demandeurs d’emploi par le dialogue social et la formation.

Le redémarrage de l’économie crée de vives tensions conjoncturelles sur les recrutements dans de nombreux métiers. Dans les secteurs qui ont redémarré leur activité avant l’été après de longs mois de fermeture, les professionnels constatent des tensions très fortes.

Au deuxième trimestre 2021, la France a battu tous les records d’embauches : 2,2 millions d’embauches, dont près de la moitié en CDI. Pour autant, la dynamique de l’économie nécessite de répondre à de très nombreux besoins de recrutement. D’après la Banque de France, 300 000 emplois sont à pourvoir principalement dans les secteurs de l’hôtellerie-café-restaurant, BTP, industrie, santé et grand âge, transports et logistique, commerce.

Dans ces secteurs, parmi les difficultés rencontrées sont dénombrés le nombre de candidatures insuffisant (77 %), le manque de compétences adaptées (75 %), le profil du poste qui n’est pas suffisamment attractif (32%), le déficit d’image du métier (18%) ou encore l’accès difficile au lieu de travail.

En outre, depuis des décennies, la France connaît un problème structurel de chômage de longue durée. Le "Plan de réduction des tensions de recrutement » (1) de 1,4 milliard d’euros s’inscrit dans la continuité du plan d’investissement dans les compétences (15 milliards d’euros) et prend appui sur la dynamique de la reprise économique actuelle avec une attention spécifique portée aux demandeurs d’emploi de longue durée.

D’abord, ce plan a pour ambition de répondre aux besoins immédiats des entreprises, en orientant les demandeurs d’emploi et les salariés vers les métiers à pourvoir. Il s’agit de plus de faciliter les transitions professionnelles des salariés, pour qu’ils montent en compétences, et se réorientent vers les métiers porteurs.

Pour favoriser la réinsertion des demandeurs d’emploi de longue durée les mises en situation en entreprise, qui ont démontré leur efficacité, sont privilégiées. La formation des salariés et des demandeurs d’emploi est déterminante pour répondre non seulement aux besoins de court terme mais aussi pour accompagner les grandes transitions en cours qui feront notre économie de demain, c’est-à-dire les métiers de la transition écologique, du numérique, de l’industrie et des services.

Les actions qui seront mises en œuvre visent à :

I - Renforcer la montée en compétences et les reconversions des salariés : Le plan prévoit l’abondement de l’aide à la formation du Fonds national de l’emploi (FNE-Formation), qui a bénéficié à plus de 85 000 salariés en 2021. Ce fonds finance des formations plus qualitatives et plus longues permettant au salarié de développer et mettre à jour ses compétences.

Seront ainsi proposées 50 000 formations « longues » de 400 heures en moyenne pour des parcours de reconversion ou de transition et 300 000 formations « courtes » de 40 heures en moyenne, pour des parcours de développement des compétences répondant aux enjeux immédiats de reprise particulièrement ciblés pour les TPE-PME.

La validation des acquis de l’expérience (VAE) va être simplifiée pour faciliter la mobilité des actifs. En effet, des procédures trop lourdes et l’omniprésence de l’écrit conduisent à l’exclusion de certains publics et empêchent son développement dans certains secteurs d’activité ou pour certains niveaux de qualification.

De même, le dispositif “transitions collectives“ sera simplifié pour favoriser les reconversions professionnelles, en le rendant plus accessible aux petites et moyennes entreprises et en créant un réseau local de délégués à l’accompagnement des reconversions professionnelles, venant renforcer l’action des 86 plateformes territoriales d’appui aux transitions professionnelles.

II - Amplifier l’effort de formation des demandeurs d’emploi pour répondre aux besoins des entreprises : Le plan prévoit l’augmentation du nombre de formations associées à une promesse d’embauche, sous la forme d’une formation préalable au recrutement (AFPR) ou de la Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POE I). Ces formations seront renforcées et leur accès sera simplifié pour l’employeur.

L’amplification des Pactes régionaux d’investissement est également prévu dans les compétences pour répondre aux besoins de recrutement dans les métiers en tension et pour co-construire des actions de formation sur mesure.

III - Déployer un plan spécifique et massif pour les demandeurs d’emploi de longue durée : L’objectif est de former 1,4 million de demandeurs d’emploi en 2022. Le plan prévoit remobiliser les demandeurs d’emploi de longue durée grâce à un diagnostic personnalisé et la prise en compte de l’ensemble des difficultés de la personne que celles-ci soient sociales, de santé ou professionnelles. Pôle emploi s’engage à recontacter tous les demandeurs d’emploi de longue durée d’ici fin 2021 et les orienter vers les nouvelles mesures du plan.

Par ailleurs, Pôle emploi lancera un challenge national pour faire remonter les bonnes pratiques du terrain qui permettent de ramener vers l’emploi les demandeurs d’emploi de longue durée. Elles seront soutenues financièrement pour leur permettre de se développer. Une aide de 8 000€ sera attribuée à tout employeur qui recrute un demandeur d’emploi de longue durée en contrat de professionnalisation.
 
Notes
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