Discours sur l’état de l’Union européenne – 15 septembre 2021

Le 15 septembre 2021, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prononcé le discours annuel sur l’état de l’Union(1), devant le Parlement européen réuni en session plénière, détaillant la liste des réalisations de l’année écoulée et des priorités pour l’année à venir.

Dans le cadre de la lutte contre la pandémie, plus de 70 % des adultes sont entièrement vaccinés dans l'Union européenne et les européens sont les seuls à avoir partagé la moitié de leur production de vaccins avec le reste du monde, soit 700 millions de doses dans plus de 130 pays.

Indiquant que moins de 1 % des doses administrées dans le monde l'ont été dans les pays à faibles revenus, la présidente de la Commission européenne indique que l'Europe investit un milliard d'euros pour faire monter en puissance les capacités de production de vaccins à ARN messager en Afrique et s’est déjà engagée à partager 250 millions de doses auxquelles s’ajoutera un nouveau don de 200 millions de doses d'ici au milieu de l'année 2022.

Afin de faire face aux injections de rappel pour les européens et les pays voisins, l’Union européenne a obtenu la livraison de 1,8 milliard de doses supplémentaires.

Constituant l’une des premières mesures en vue de la mise en place de l'Union européenne de la santé, l’Autorité européenne de préparation et d'intervention (HERA) créée en novembre dernier doit préparer l’Union européenne à de nouvelles pandémies et pourra s’appuyer sur un investissement de 50 milliards d’euros d'ici à 2027.

L’instrument SURE(2) a permis, quant à lui, de soutenir plus de 31 millions de travailleurs et 2,5 millions d'entreprises dans toute l'Europe. Dix-neuf pays reviendront au niveau de chômage d'avant la pandémie. La croissance de la zone euro a surpassé celle des États-Unis et de la Chine au dernier trimestre.

Convaincue que pour être plus forte l’Union européenne doit ressembler à la prochaine génération de sa population, laquelle réfléchie, déterminée et bienveillante porte dans sa majorité les valeurs d’empathie, de solidarité et de responsabilité envers la planète, la présidente de la Commission européenne souhaite au travers de sa politique générale lutter contre les inégalités, les atteintes aux droits humains, le dérèglement climatique et renforcer l’Europe économiquement et en matière de défense.

Evoquant la situation souvent précaire des travailleurs de première ligne dont dépend fortement notre société, Ursula von der Leyen propose d’instaurer un socle européen des droits sociaux et de conduire une nouvelle stratégie européenne de soins.

Par ailleurs, elle souhaite mettre un place un nouveau programme, ALMA, afin d’encourager parmi les jeunes ceux qui n’ont pas d’emploi et ceux qui ne suivent ni enseignement ni formation en leur offrant la possibilité d'une expérience professionnelle temporaire dans un autre État membre. Elle propose également que l’année 2022 soit consacrée à la jeunesse européenne.

Concernant la lutte contre le dérèglement climatique, formalisée au travers du Pacte vert européen, la présidente de la Commission européenne insiste pour qu’un prix sur la pollution soit fixé, l’énergie utilisée plus propre, les voitures fabriquées plus intelligentes et les avions plus propres.

Dans ce cadre, elle propose la création d’un nouveau Fonds social pour le climat afin de lutter contre la précarité énergétique qui touche déjà 34 millions d'Européens. De même, rappelant que l’Union européenne donne 25 milliards de dollars par an aux pays les moins développés et les plus vulnérables pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux, Ursula von der Leyen s’engage, pour les pays les plus vulnérables, a doublé le financement extérieur pour la biodiversité. Elle propose également d’ajouter 4 milliards d'euros supplémentaires pour financer l'action climatique jusqu'en 2027.

Toutefois, relevant que la lutte contre le dérèglement climatique ne peut se faire sans l’engagement de tous, la présidente de la Commission européenne en appelle à ce que les partenaires de l’Union européenne, dont la Chine et les Etats-Unis, fassent preuve de la même détermination et attend des efforts de leur part.

Afin de lutter contre les migrations irrégulières, instrumentalisées par les trafiquants d’êtres humains et certains Etats limitrophes à l’Union européenne, tout en continuant d’agir pour offrir un refuge aux personnes contraintes de fuir, Ursula von der Leyen appelle à ce que le nouveau pacte sur la migration et l’asile soit rapidement adopté.

Eu égard à la situation prévalant en Afghanistan, la présidente de la Commission européenne annonce qu’une nouvelle aide humanitaire de 100 millions d’euros est prévue et que de nouvelles mesures d’aide seront présentées au cours des prochaines semaines.

Par ailleurs, en matière d’état de droit et de lutte contre l’atteinte aux droits humains, Ursula von der Leyen propose, au regard de la situation préoccupante dans certains Etats membres, que les rapports sur l’état de droit contiennent à compter de 2022 des recommandations concrètes à l'intention de ces derniers. De même, au regard de la situation aggravée de nombreuses femmes durant la pandémie, une “loi européenne“ sur la lutte contre les violences faites aux femmes sera proposée avant la fin de l’année. En outre, afin d’assurer une totale indépendance des médias et améliorer la protection des journalistes, la présidente de la Commission européenne a annoncé la présentation le jour même de son discours d’une recommandation en vue de cette protection et la présentation prochaine d’un texte sur la liberté des médias.

En matière économique, diplomatique et de défense, constatant que nous entrons dans une “ère d’hyper-compétitivité“, la présidente de la Commission européenne appelle à investir à la fois dans la reprise à court terme et la prospérité à long terme.

Pour cela, tout d’abord, la discussion sur le réexamen de la gouvernance économique sera relancée dans les semaines à venir, l'objectif étant de dégager un consensus sur la voie à suivre pour 2023.

Par ailleurs, le numérique étant un enjeu décisif, il est impératif d’investir “comme jamais auparavant“ dans la 5G et la fibre, les dépenses au titre du volet numérique de NextGenerationEU dépassant même, à cet effet, l'objectif de 20 %.

De même, soulignant la dépendance de l’Europe à l’égard de l’Asie en matière de microprocesseurs, elle propose une “loi européenne“ sur les semi-conducteurs afin d’améliorer la compétitivité de l’Union européenne et assurer sa souveraineté technologique. A cet effet, il sera nécessaire de conjuguer les capacités de recherche, de conception et d'essai de classe mondiale des Etats membres et de coordonner les investissements de l'Union européenne et des États membres sur l'ensemble de la chaîne de valeur.

En outre, le pouvoir de contrôleur d'accès dont jouissent les grandes plateformes devra être restreint plus encore afin de les mettre face à leur responsabilité démocratique, de favoriser l'innovation et de canaliser la puissance de l'intelligence artificielle.

En matière de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, un projet de “loi européenne“ ciblant les profits dissimulés derrière des sociétés écrans sera préparé et tout sera mis en œuvre pour sceller l'accord mondial sur le taux minimal d'impôt sur les sociétés.

Enfin, afin de créer des liens plutôt que des dépendances à l’égard notamment de la Chine, de nouvelles stratégies commerciales devront être mises en œuvre notamment dans le cadre des relations entre l’Union européenne et la région indopacifique et en matière de connectivité et d’approvisionnement entre les régions du monde. A cet effet, dans le cadre du projet Global Gateway, l’Union européenne investira avec l’Afrique pour créer un marché de l'hydrogène vert qui reliera les deux rives de la Méditerranée. Par ailleurs, si le commerce est nécessaire, Ursula von der Leyen affirme qu’il ne doit jamais se faire au détriment de la dignité et de la liberté des personnes. Pour cela, elle propose d'interdire sur le marché unique européen, qui fêtera bientôt ses trente ans, les produits qui ont été fabriqués au moyen du travail forcé.

Dans cette ère d’hyper-compétitivité, la présidente de la Commission européenne considère qu’une défense européenne devient absolument nécessaire afin d’assurer la stabilité du voisinage de l’Union européenne et dans différentes régions avec lesquelles elle collabore.

A cet effet, elle appelle à la création d’un centre commun de connaissance de la situation qui irait au-delà du simple renseignement et d’envisager une exonération de TVA pour les achats d'équipements de défense développés et produits en Europe.

Par ailleurs, elle souligne l’importance d’une cyberdéfense européenne pour laquelle devrait être adoptée une législation établissant des normes communes en matière de cyber-résilience.

Pendant la présidence française de l’Union européenne, un sommet de la défense européenne sera organisé pour notamment débattre de ces propositions.

Enfin, l’avenir de l’Union européenne résidant également dans ses élargissements à d’autres pays, la présidente de la Commission européenne s’engage à continuer le processus d’adhésion des Balkans occidentaux.
 
Notes
puce note (1) Discours sur l’état de l’Union du 15 septembre 2021
puce note (2) Instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence
 
 
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