Rapport d’information du Sénat sur le patrimoine culturel immatériel

La Commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat a déposé le 19 mai un rapport d’information sur le patrimoine culturel immatériel, dit "PCI"(1).

Le PCI est défini par la convention de l’Unesco de 2003(2) selon des critères volontairement souples pour s’adapter aux spécificités locales et permettre de préserver la diversité culturelle à travers le monde, comme "les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés" qu'une communauté humaine reconnaît comme faisant partie de son patrimoine culturel parce qu'ils lui procurent un sentiment d'identité et de continuité.

A contrario du patrimoine matériel composé d’éléments tangibles, le PCI est par essence fragile car reposant sur la pratique transmise de génération en génération.

La prise de conscience de la sauvegarde du PCI est intervenue tardivement à partir des années 1930 et la notion reste encore très méconnue de nos jours.

La commission de la culture, de l’éducation et de la communication a souhaité, par la création d’une mission d’information, dresser un bilan de la protection du PCI en France et formuler une série de recommandations pour en accélérer et en faciliter la sauvegarde.

Les collectivités territoriales ont un rôle primordial à jouer pour soutenir les détenteurs de PCI grâce à leurs compétences en matière d’animation du territoire et de culture, à leurs ressources (bibliothèques, musées etc.) et leur proximité avec les acteurs locaux.

La mission d’information formule vingt-cinq propositions afin d’accroitre la visibilité du PCI, de lui donner plus de moyens ainsi que de mieux le valoriser et de renforcer son attractivité.

La mission propose notamment de faire de l’année 2023 l’année du patrimoine culturel immatériel en France et de créer davantage de liens entre le patrimoine immatériel, d’une part, et le patrimoine matériel et la création, d’autre part.

Les auteurs du rapport préconisent de rendre plus dynamique et attractive la gestion de l’inventaire national du PCI tenu et mis à jour par le ministère de la culture en facilitant sa consultation par le public et en permettant aux citoyens de suggérer une inscription.

Elle propose également de sensibiliser les jeunes ainsi que les élus locaux aux enjeux liés à la sauvegarde du PCI. Un référent PCI devrait être nommé au sein des directions régionales des affaires culturelles (DRAC).

Par ailleurs, un véritable suivi des mesures de sauvegarde devrait être mis en œuvre au sein de l’Unesco et du ministère de la culture à la suite de l’inscription d’un élément. Afin d’accompagner les communautés pour la promotion et la transmission du PCI, un opérateur de l’Etat ou un établissement public dans le domaine de la création ou des patrimoines pourrait être désigné.

A l’instar de l’association France PCI(3), chaque Etat partie à la convention de l’Unesco pourrait créer une association regroupant l’ensemble des éléments inscrits sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco afin de permettre aux différentes associations nationales de se rencontrer pour faciliter le dialogue et les échanges de bonnes pratiques au niveau mondial.
 
Notes
puce note (1) Rapport du Sénat sur la valorisation du patrimoine culturel immatériel
puce note (2) Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
puce note (3) France PCI
 
 
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