Rapport de la Direction générale des entreprises : Analyse du marché et perspectives pour le secteur de l’esport

La Direction générale des entreprises (DGE) a publié les résultats d’une étude menée en collaboration avec la Direction des sports et la Caisse des dépôts et consignations portant sur le marché et les perspectives du secteur de l’esport(1).

Elle a ainsi réalisé un état des lieux du secteur puis une projection sur les années à venir lui permettant de formuler des recommandations dans une feuille de route composée d’une quarantaine d’initiatives destinées à "renforcer l’écosystème esportif français et ses acteurs, et en améliorer le positionnement international."(2).

Témoignant de la croissance de ce secteur ces dernières années en France, le rapport met en avant des données chiffrées qui offrent des éléments de comparaison avec d’autres pays concurrents. Sur le marché mondial de l’esport estimé à 2,96 milliards d’euros d’ici 2022, selon le rapport, la France affiche un chiffre d’affaires encourageant estimé à 50 millions d’euros en 2019 principalement réalisé par les acteurs multi-maillons (30%), les organisateurs de compétitions (27%) puis les équipes professionnelles (25%) et les producteurs et diffuseurs de contenus.

Les études menées montrent une tendance à la hausse des investissements avec 61 millions d’euros investis entre 2017 et 2019 "répartis sur 23 opérations, dont 11 réalisées uniquement sur l’année 2019, confirmant ainsi l’intérêt économique pour le secteur.".

De plus, le secteur bénéficie de 189 joueurs professionnels et associations, mobilisant 645 Equivalent Temps Plein (ETP) en 2019 répartis entre 221 acteurs sur l’ensemble du territoire. L’allocation de budgets parfois élevés et la mise en place de stratégies ciblées pour attirer les clubs amateurs et les équipes professionnelles, et pour encourager les évènements esportif ont permis un développement notable du secteur au plan régional mais il existe néanmoins un manque de coordination entre les niveaux national et régional et une concurrence néfaste entre les régions sur ce secteur. Dans son état des lieux, le rapport note cependant des obstacles auxquels se heurte la stratégie nationale dite "Stratégie Esport 2020-2025" : un manque de ressources et de coordination des parties prenantes du secteur, des « critiques récurrentes de la pratique esportive telle que la pratique excessive, le cyberharcèlement et le contenu violent de certains jeux vidéo, rendant les échanges et collaborations parfois difficiles avec certaines administrations et acteurs publics, ainsi que des problématiques liées au manque de flexibilité de la réglementation régissant les activités du secteur, par exemple en matière de fiscalité.

Par ailleurs, l’étude met en avant les aspects politiques, sociaux, environnementaux, technologiques du secteur de l’esport mais aussi son cadre législatif spécifique, alors que la majorité des pays étudiés se réfèrent à une législation existante (à l’exception de l’Allemagne disposant d’un visa esportif dédié).

Au vu de ces éléments et conformément à des objectifs de croissance économique et de développement d’une pratique amateure et professionnelle encadrée, le rapport présente des scénarios de projection valorisant les atouts du secteur pour son développement en France.

Parmi ces atouts, figurent i) la synergie existante entre les domaines du divertissement et les domaines sportifs ou culturels qui bénéficie de mutualisation des lieux de pratique, ii) le développement des compétitions de jeux vidéo offrant des opportunités de diversification des activités et des revenus de la filière, iii) la reconnaissance de la capacité d’innovation de la France à l’international par son positionnement au troisième rang des producteurs européens de jeux vidéo et iv) le fort développement de sa pratique esportive.

Privilégiant un scénario de projection basé sur un mode de gouvernance duale (sports/économie) et une collaboration renforcée avec les acteurs du secteur, le rapport formule des recommandations prévoyant des initiatives contribuant à un développement efficace du secteur :
 
  • en matière de gouvernance, accompagner France Esports dans le développement de son modèle opérationnel, définir un contrat de filière du secteur, promouvoir l’esport dans les territoires, en déclinant par exemple la stratégie nationale esport au niveau local et régional, et développer la culture des relations avec les institutions publiques dans l’esport ;
  • en matière économique, rechercher des correspondances entre les besoins des acteurs privés et les aides et programmes d’appui existants, ainsi que des synergies avec d’autres filières (notamment le réseau French Tech) ;
  • en matière sociale, revoir le modèle de l’écosystème esportif amateur, définir un code de conduite à destination de la pratique amateur et évaluer les besoins en compétences du secteur ;
  • en matière réglementaire, clarifier le cadre juridique existant et revoir les conditions de contractualisation des joueurs esportifs professionnels.

Ces recommandations visent à adapter la stratégie nationale "Esport 2020-2025" signée en octobre 2019.
 
Notes
puce note (1) Rapport de la DGE : Analyse du marché et perspectives pour le secteur de l’esport (pdf)
puce note (2) Feuille de route interministérielle de la stratégie "Esport 2020-2025"
 
 
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