Bilan de la présidence allemande de l’Union européenne

La présidence du Conseil de l’Union européenne est assurée à tour de rôle par chaque État membre pour une période de six mois, qui préside des réunions à tous les niveaux au sein du Conseil, contribuant ainsi à assurer la continuité des travaux de l'UE au sein de cette institution.

Les États membres qui assurent la présidence travaillent en étroite coopération par groupes de trois, appelés "trios". Au cours d'une période de dix-huit mois, le trio fixe les objectifs à long terme et élabore un programme commun définissant les thèmes et les grandes questions qui seront traités par le Conseil. Sur la base de ce programme, chacun des trois pays élabore son propre programme semestriel plus détaillé. Le trio actuel est composé des présidences allemande, portugaise et solvène.

La présidence allemande de l’Union européenne (UE) s’est tenue du 1er juillet au 31 décembre 2020. La coordination de la lutte contre la pandémie de COVID-19 et la conclusion de l’accord de commerce avec le Royaume-Uni du 24 décembre marquant la sortie de cet Etat de l’Union européenne sont deux temps forts de ces six derniers mois. Le bilan de cette présidence(1) insiste en outre sur le développement de la souveraineté numérique, le renforcement de la compétitivité et une architecture financière durable de l’UE qui étaient ses priorités.

Pour continuer à lutter contre la pandémie, la coordination des mesures entre l’UE et ses États membres a été intensifiée, en augmentant la transparence des mesures limitant la libre circulation au sein de l’UE, temporairement nécessaires, en permettant la reconnaissance réciproque des tests antigéniques rapides, en concluant des accords pour un approvisionnement de toute l’Europe en vaccins contre la Covid-19 et en assurant l’interopérabilité des applications d’alerte et de traçage d’infections.

En outre, pour une meilleure gestion de crise par l’UE, les Etats membres se sont prononcés en faveur d’un renforcement du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Un accord politique a également été conclu en faveur du programme de l’UE pour la santé EU4Health et des mesures prises afin d’assurer l’approvisionnement en produits pharmaceutiques dans l’UE, pour éviter ou du moins réduire durablement les pénuries, en préparant mieux les flux de marchandises européens et les chaînes logistiques pour faire face à une crise.

Pour soutenir la reprise économique, cette présidence s’est appuyée sur l’accord sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027 et l’instrument de relance « Next Generation EU », afin de parvenir à un accord sur le mécanisme de conditionnalité protégeant le budget et les intérêts financiers de l’UE, et sur l’instrument temporaire de relance. Issus de décisions du Conseil prises à l’automne, 90,3 milliards d’euros sont disponibles pour un soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en cas d’urgence (SURE) à l’intention des dispositifs nationaux de chômage partiel.

Dans le secteur numérique, pour développer la souveraineté numérique de l’UE, des négociations ont été lancées au sujet de la gouvernance des espaces de données européens communs et une initiative européenne sur les microprocesseurs et les semi-conducteurs vise à réduire la dépendance européenne des microprocesseurs en provenance d’États tiers. La « Déclaration de Berlin sur la société numérique et la transformation numérique basée sur des valeurs », a initié un débat politique sur une approche européenne de l’intelligence artificielle. La cybersécurité doit être renforcée par la mise en place du Centre européen de compétence en cybersécurité.

La présidence allemande de l’UE a pris des mesures non seulement en faveur de la relance, mais aussi en faveur de la viabilité de l’économie européenne. Le Conseil sur la politique industrielle a souligné l’importance de l’industrie pour la relance, ainsi que pour la transformation écologique et numérique et a convenu de renforcer les technologies clés pour améliorer la compétitivité. Les conclusions du Conseil sur les marchés publics ont préparé le terrain pour des investissements publics que la présidence allemande estime urgent de réaliser. Avec la stratégie « New Mobility Approach », la présidence a impulsé l’orientation de la politique de transport européenne vers la durabilité et la protection du climat, l’innovation et la résilience. Une initiative de recherche et d’innovation commune a été lancée sur l’hydrogène vert et la déclaration de Bonn a été signée en faveur de liberté de la recherche scientifique.

Dans le domaine financier, pour une fiscalité équitable et efficace et pour le renforcement de la lutte contre le blanchiment de fonds et contre le financement du terrorisme, il a été décidé d’une révision de la directive sur l’assistance mutuelle pour renforcer la coopération entre les administrations et la transparence. Plusieurs conclusions du Conseil ont permis de définir les priorités pour le développement à long terme de l’union des marchés des capitaux, faire avancer les négociations sur le cadre juridique des actifs cryptographiques et rendre l’union douanière européenne plus cohérente et plus forte.

La présidence allemande a souhaité entamer les négociations sur la création d‘un cadre européen des salaires minimaux adéquats et faire avancer les négociations concernant les règlements sur la coordination des systèmes de sécurité sociale. Elle s’est prononcée en faveur de meilleures conditions de travail pour les travailleuses et travailleurs saisonniers et autres travailleurs mobiles ainsi que d’une initiative législative pour des conditions de travail équitables et la protection sociale dans l’économie des plateformes.

Outre ces aspects économiques, le bilan revient aussi sur les mesures prises en faveur de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, la politique européenne en matière de climat, d’environnement et d’énergie suivant les critères de l’accord de Paris sur le climat et du pacte vert pour l’Europe, la durabilité de l’agriculture et de la pêche pour des zones rurales viables, l’Europe de la sécurité, la politique européenne en matière de migration et d’asile.

Le programme de la présidence portugaise de l’Union européenne sur la période du 1er janvier au 30 juin 2021 a été arrêté en décembre 2020 (2)(3). Il se concentre sur cinq grands domaines, qui sont conformes aux objectifs du programme stratégique de l'UE:
• renforcer la résilience de l'Europe
• promouvoir la confiance dans le modèle social européen
• promouvoir une relance durable
• accélérer une transition numérique équitable et inclusive
• réaffirmer le rôle de l'UE dans le monde, en veillant à ce qu'il soit fondé sur l'ouverture et le multilatéralisme
 
Notes
puce note (1) Bilan de la présidence allemande de l’Union européenne
puce note (2) Programme de la présidence portugaise de l’Union européenne
puce note (3) Site internet de la présidence portugaise de l’Union européenne
 
 
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