Publication d’une étude du CESE sur les femmes et l’entreprenariat

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté, le 27 octobre 2020, une étude(1) intitulée « Femmes et entrepreneuriat ».

Les femmes représentent actuellement 30% des créations d’entreprises, cette proportion s’élèvant à 40% s’agissant des créations d’entreprises individuelles. « Cette proportion varie selon le secteur d’activité : elles représentent deux tiers des créations dans le secteur « enseignement, santé, action sociale », mais environ 13% de celles dans le secteur « information et communication » (Insee, 2018). Elles ne représentent que 6% des créations de « startups» dans la tech enregistrées en 2018 (Baromètre Sista BCG 2019) ». Les entreprises qu’elles dirigent sont en moyenne significativement plus petites que celles ayant des hommes à leur tête (en termes de capital, d’effectifs et de chiffres d’affaires), mais elles ne présentent pas de différence sur le plan de leur performance et de leur durabilité.

Les pouvoirs publics, les acteurs associatifs et les organisations professionnelles concernées ont pris des mesures pour lutter contre cette sous-répresentation des femmes dans l’entrepreunariat qui ont permis de renforcer l’offre d’accompagnement pour les entrepreneures, mais celle-ci reste insuffisante. Les politiques publiques ont une efficacité limitée, notamment en raison du manque de données statistiques sur la question de l’entrepreunariat féminin.

Selon le CESE, parmi les freins à l’entrepreunariat des femmes sont identifiés l’association de l’entrepreneuriat essentiellement à des « rôles modèles masculins » et la conciliation entre les exigences de l’activité professionnelle des femmes avec la représentation sociale de leur rôle parental et domestique.

Afin de disposer de données précises sur la part des femmes dans l’entrepreneuriat et les freins auxquels elles sont encore confrontées, le CESE recommande de renforcer le suivi statistique de la part des femmes dans l’entrepreneuriat en développant un baromètre annuel décliné au niveau national et régional, mesurant l’évolution de leur part dans toutes les créations d’entreprise et à la direction des entreprises.

Le CESE propose de soumettre les établissements bancaires, ainsi que Bpifrance investissement, à une obligation d’information sur la répartition des financements octroyés entre femmes et hommes entrepreneurs (nombre de dossiers reçus, analysés, nombre de prêts octroyés).

Il invite également à poursuivre les actions menées pour lutter contre les stéréotypes, comme la formation et la sensibilisation des personnels enseignants à l’égalité et la mixité professionnelle, la déconstruction des stéréotypes de genre liés aux métiers en renforçant les liens entre la communauté éducative et les acteurs mobilisés (organisations professionnelles et acteurs consulaires, notamment) ; la lutte contre les représentations genrées des métiers, la généralisation dans la formation des personnels enseignants d’une sensibilisation à la culture d’entreprise ou encore le soutien des initiatives de sensibilisation des élèves de l’enseignement secondaire à l’entrepreneuriat.

L’étude recommande d’accentuer les actions d’accompagnement en faveur des entrepreneures en les rendant plus inclusives par l’identification des besoins spécifiques des publics éloignés de l’entrepreneuriat. Elle propose d’intégrer dans la stratégie French Tech les aspects relatifs à l’égalité de genre et à l’articulation des temps de vie ou encore d’harmoniser par le haut les différents statuts d’entrepreneures en matière de protection (indemnisation en cas de perte de revenu, congé maternité).

Enfin, le CESE préconise une action sur l’ensemble de l’écosystème entrepreneurial. Par exemple, au sein des établissements bancaires en charge du financement des entreprises, il s’agira de favoriser un meilleur équilibre femmes-hommes dans les équipes en charge des décisions de financement et les former aux biais qui peuvent les affecter (stéréotypes de genre, ethniques, relatifs aux QPV, etc.). De même, il propose de conditionner le financement de l’entrepreneuriat et de l’innovation à des critères de respect de l’égalité dans la gouvernance des entreprises bénéficiaires.
 
Notes
puce note (1) Etude du CESE, Femmes et entreprenariat
 
 
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