Publication par la CNIL d’un livre blanc sur les assistants vocaux

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a publié, le 7 septembre 2020, un livre blanc sur les assistants vocaux(1) intitulé « A votre écoute – Exploration des enjeux éthiques, techniques et juridiques des assistants vocaux ». Avec le concours de nombreux chercheurs et experts, notamment en matière de traitement de la voix, la CNIL y explique les enjeux de cette technologie. Elle s’appuie sur ses travaux sur le sujet, menés depuis 2016, sur le plan de la conformité comme sur celui de l’exploration grâce à son Laboratoire d’Innovation Numérique, le LINC(2).

La première partie du livre blanc définit la technologie des assistants vocaux. Les spécificités de la voix y sont présentées : c’est une donnée intime, volatile, reproductible et à géométrie variable. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) dispose que toute information relative à une personne physique susceptible d’être identifiée, directement ou indirectement, est une donnée à caractère personnel : les informations dérivées du signal vocal émis par un individu en font parties.

Un assistant vocal peut être défini comme une application logicielle offrant des capacités de dialogue oral avec un utilisateur en langage naturel. L’assistant vocal implique cinq catégories d’acteurs : les concepteurs, les développeurs d’applications, les intégrateurs, les déployeurs et enfin les utilisateurs.

Leurs usages à destination du grand public se sont développés à partir des années 2010. Les utilisateurs sont le maillon final de la chaîne de valeur des assistants vocaux, ils peuvent employer ces derniers sur différents équipements : enceinte, téléviseur, smartphone, montre... En France, c’est Amazon Echo et Google Home qui dominent le marché des enceintes équipées d’assistants vocaux. Leurs usages ne se sont toutefois pas généralisés, ainsi « d’après le Baromètre LINC 2019, seuls 33 % des internautes ont utilisé un assistant vocal sur les 12 derniers mois ». La fluidification ou la simplification de tâches reste la première des motivations pour s’équiper en assistants vocaux et l’usage se concentre aujourd’hui sur la « facilitation de petits gestes », comme demander la météo ou écouter de la musique sur une plateforme gratuite par exemple. Dans le futur il pourrait évoluer vers des taches plus complexes : Pôle Emploi pourrait dès 2024 mettre en oeuvre des assistants vocaux dans ses centres afin de faciliter la primo inscription des nouveaux demandeurs d’emploi.

La deuxième partie du livre blanc est consacrée aux mythes et aux enjeux des assistants vocaux. Elles expliquent que les mythes selon lesquels ils écoutent en permanence et utilisent les données de leurs utilisateurs pour mieux les profiler ne sont pas totalement faux. Contrairement à une idée répandue, les assistants vocaux ne comprennent pas parfaitement la teneur des propos. Il est confirmé que les assistants vocaux sont une interface très prisée des enfants et ils peuvent être piratables. Les enjeux, notamment éthiques, soulevés par l’usage des assistants vocaux sont détaillés.

La troisième partie du livre blanc précise la manière dont le RGPD peut s’appliquer dans plusieurs contextes d’usage des assistants vocaux, qu’il s’agisse d’un assistant personnel (sur smartphone par exemple) comme de tout dispositif pouvant être intégré dans un cadre plus collectif (composant par exemple le foyer : téléviseur connecté, réfrigérateur connecté, enceinte de salon, etc.). Trois cas sont présentés afin de couvrir différentes problématiques : l’utilisation des fonctions de base de l’assistant vocal ; l’utilisation d’une application bancaire via un assistant vocal ; la réutilisation des données collectées par l’assistant vocal à des fins d’amélioration du service.

Enfin, dans une quatrième partie, le livre blanc donne des conseils à « toutes les personnes impliquées dans la chaîne de responsabilité d’un assistant vocal, de ses développeurs à ses utilisateurs en passant par ses intégrateurs, éditeurs d’applications ou encore ceux qui feraient le choix de déployer de tels dispositifs dans des lieux ouverts au public ou de passage (tels que des halls d’attente, voitures de location, salles de réunion, etc.) ».
 
Notes
puce note (1) CNIL – Livre blanc sur les assistants vocaux (dans les smartphones, les voitures ou encore les réfrigérateurs…) : enjeux éthiques et juridiques
puce note (2) Laboratoire d’Innovation Numérique de la CNIL
 
 
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