Coopération public-public - Précisions sur les conditions relatives à la coopération et à la poursuite de considérations exclusivement d’intérêt public

En Italie, une taxe sur les véhicules automobiles est perçue par les régions qui peuvent exercer leur compétence en régie ou en confiant un contrat à un opérateur économique.

La société Gestione Fiscalità Locale SpA, spécialisée dans le secteur des services liés à la gestion des taxes sur les véhicules automobiles, qui a remporté un contrat de la région Vénétie en la matière, apprend que, pour la région Campanie, une disposition législative locale permet à l’exécutif local de négocier de gré à gré avec un établissement public de type administratif un contrat pour la gestion de la taxe et pour diverses activités liées à son application. Ce contrat de trois ans, renouvelable, a un caractère onéreux.

Les circonstances de l’espèce, et notamment le fait que le contrat ait été conclu certes entre deux personnes publiques mais dont l’une se trouve être un établissement public chargé de gérer des services liés à une compétence appartenant à une collectivité publique identifiée, la région, conduit la Cour, saisie d’une question préjudicielle, à rappeler et préciser dans un arrêt du 30 juin 2020 (1) les conditions d’une coopération public-public non soumise aux dispositions des directives relatives aux marchés publics et aux concession.

S’agissant de l’existence d’une coopération, d’une part, chacun des pouvoirs adjudicateurs coopérants doit effectivement avoir une mission de service public dont il doit assurer la prestation ; et d’autre part il doit exister entre elles une coopération spécifique et effective visant à atteindre des objectifs qu’ils ont choisi de partager.

En outre, tous les pouvoirs adjudicateurs parties à l’accord de coopération doivent effectivement participer à la coopération. Cette coopération dans le cadre de leurs missions de service public n’existe pas lorsque l’unique contribution de certains cocontractants se limite à un simple remboursement des frais encourus par un autre pouvoir adjudicateur, notamment quand ce dernier intervient comme un simple prestataire de services. Toutefois, la coopération peut être caractérisée lorsqu’un des pouvoirs adjudicateurs, sans être directement chargé d’un service public, a pour mission d’exercer de simples activités accessoires à un service public.

Enfin, la Cour précise la portée de la condition selon laquelle le contrat de coopération doit obéir exclusivement à des considérations d’intérêt public. Or dans le cas d’espèce, le montant des sommes versées à l’établissement public pour ses services excèdent largement le simple remboursement des dépenses encourues et dépasse même largement les niveaux de prix pratiqués sur le marché pour des prestations analogues assurées par des entreprises commerciales, marges bénéficiaires incluses. Une telle circonstance conduit la Cour à juger que ce contrat de coopération n’obéit pas exclusivement à des considérations d’intérêt public et n’est donc pas exclu du champ d’application des directives.
 
Notes
puce note (1) CJUE 30 juin 2020, Gestione Fiscalità Locale SpA contre Regione Campania, Aff C-618-19
 
 
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