Publication d’une étude sur la dynamique des ateliers de fabrication numérique en France faisant l’état des lieux et le bilan de leurs impacts auprès des entreprises et des territoires

La direction générale des entreprises (DGE) a publié, le 10 juin 2020, la synthèse d’un rapport consacré à la dynamique des ateliers de fabrication numérique(AFN) en France(1). Il a été réalisé après une enquête auprès de plus de 100 AFN et près de 500 utilisateurs visant à évaluer l’impact des AFN auprès des entreprises et des territoires.

L’étude a permis d’identifier 6 grands archétypes d’AFN qui poursuivent soit une finalité économique ou sociale, soit tournée vers le grand public :

- les nouveaux espaces de médiation numérique : ce sont des structures qui offrent des services assez basiques aux particuliers, comme la mise à disposition d’imprimantes 3D. Elles contribuent fortement à l’inclusion sociale et à la réduction de la fracture numérique ;
- les fablabs génériques : ces lieux intègrent des équipements de fabrications numériques et sont fréquentés par une communauté dont l’état d’esprit favorise la transmission des savoirs et la montée en compétence numériques de leurs utilisateurs ;
- la place de village 4.0 (fablab adossé à un tiers-lieu hybride) : ces lieux ne sont pas exclusivement consacrés au numérique, hébergent d’autres activités. Ils constituent un facteur d’attractivité pour leur territoire, tant pour les habitants que pour les touristes ; - les laboratoires territoriaux d’innovation : il s’agit de projets conçus et développés en lien étroit avec des structures de l’enseignement supérieur et de recherche, publiques ou privées. La diffusion de la culture numérique et digitale et la montée en compétences sont particulièrement mises en avant ;
- les bureaux d’étude et ateliers de prototypage professionnels : ces lieux sont conçus pour répondre aux besoins d’une cible de professionnels. Il en résulte un impact économique significatif à la fois direct et indirect ;
- les nouveaux espaces de formation numérique : ces lieux de formation au numérique ont un impact en matière de cohésion sociale via l’insertion socio-professionnelle des apprenants notamment les jeunes et les demandeurs d’emploi.

Les AFN souffrent d’un manque de reconnaissance alors qu’ils jouent un rôle essentiel dans les transitions vers de nouveaux modèles de production. Leur modèle économique est déséquilibré et le cadre d’emploi des équipes est souvent précaire alors même que ces emplois nécessitent une grande polyvalence.

L’étude relève que les AFN gagneraient à tourner leur activité vers le service aux entreprises. Elles doivent pour cela bénéficier d’une meilleure visibilité, et d’une compréhension des enjeux pour les entreprises de recourir à leurs services, notamment en ce qui concerne l’appropriation de nouveaux processus d’innovation.

La dépendance des AFN au soutien public est marquée, en investissement comme en fonctionnement, les collectivités locales y participant de plus en plus.

Enfin, l’étude formule une quinzaine de recommandations, réparties en 4 blocs, pour renforcer le levier économique des AFN auprès des entreprises et dans les territoires :

- rendre visibles les AFN en portant la dynamique au niveau national, notamment en lançant une campagne de communication nationale axée sur leurs bénéfices pour les acteurs économiques et l’enseignement supérieur et la recherche ;
- structurer l’offre de service des AFN via des ressources d’ingénierie, la structuration des réseaux professionnels, la mutualisation de ressources, et l’encouragement du bénévolat ;
- stimuler la demande en faisant par exemple des AFN des lieux de découverte et de valorisation des métiers productifs ;
- consolider les liens avec les acteurs publics et identifier les sources de financement nécessaires au déploiement d’offres de fabrication numérique sur tout le territoire.
 
Notes
puce note (1) DGE - La dynamique des ateliers de fabrication numérique en France
 
 
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