Le Gouvernement annonce un plan de soutien à l’automobile pour une industrie verte et compétitive

Le 26 mai 2020, le Gouvernement a annoncé un plan de soutien à l’ensemble de la filière automobile française pour faire face à la crise sanitaire liée au COVID-19 (1). En avril 2020, ce secteur qui représente près de 18 % du chiffre d’affaires de l’industrie française, soit 155 milliards d’euros et 400 000 emplois, a connu une baisse moyenne d’activité de plus 80 %.

En premier lieu, le secteur automobile a bénéficié des premières mesures d’urgences mises en place par le Gouvernement :
  • 295 millions d’euros de prêts garantis par l’Etat (PGE) ont été accordés aux entreprises du secteur à ce jour ;
  • Le Groupe Renault va bénéficier du dispositif de prêt garanti par l’Etat pour un montant total de 5 milliards d’euros. Le recours au PGE, particulièrement adapté aux besoins de l’entreprise en raison de l’impact profond mais temporaire de la crise sur ses liquidités, lui permettra de sécuriser la couverture de ses besoins de trésorerie à court terme ;
  • 1 475 sites industriels du secteur ont demandé la mise en place du chômage partiel pour 248 500 salariés, représentant un soutien de plusieurs centaines de millions d’euros.

Pendant la période de reprise partielle et progressive de l’activité, les mesures de soutien se poursuivent au travers des PGE, de l’activité partielle à moyen terme, et la mobilisation de prêts par le Fonds de développement économique et social (FDES) et d’ avances remboursables.

En deuxième lieu, le plan de soutien vise à permettre à l’industrie automobile de se transformer pour être plus compétitive et exemplaire en matière de décarbonation, en renouvelant le parc automobile français en faveur des véhicules propres, en investissant dans l’objectif d’inventer et de produire en France les véhicules de demain et en soutenant les entreprises en difficulté et en protégeant leurs salariés.

Il s’agit d’apporter un soutien immédiat à la demande en faisant le choix de la transition écologique grâce aux mesures suivantes :
  • Encourager l’achat de véhicules électriques avec le renforcement des bonus écologiques. Cette mesure est financée par l’Etat à hauteur de 535 millions d’euros pour 2020 ;
  • Dynamiser la prime à la conversion, ce qui représentera un financement de l’Etat de 800 millions d’euros pour 2020 ;
  • Mobiliser la commande publique : les acheteurs publics (Etat, établissements publics) devront accélérer le renouvellement de leurs flottes de véhicules pour s’équiper de véhicules électriques, hybrides, ou à hydrogène (véhicules particuliers, véhicules utilitaires légers, véhicules industriels) ;
  • Accélérer le déploiement de bornes de recharge de véhicules électriques ouverts au public, pour atteindre le chiffre de 100 000 bornes dès la fin de l’année 2021 dans les territoires, sur les grands axes nationaux et en résidentiel collectif.

En troisième lieu, le plan vise à soutenir l’offre en consolidant la filière automobile et en investissant pour assurer sa compétitivité par le biais des mesures suivantes :
  • La mise en place d’un fonds d’investissement automobile de 600 millions d’euros, propre à la filière, dédié aux sous-traitants automobiles pour les aider à faire face à la crise, et soutenir l’émergence de futurs leaders à l’échelle européenne ou internationale sur les nouvelles technologies clés de l’automobile connectée et décarbonnée ;
  • La mise en place d’un fonds, financé par l’Etat à hauteur de 200 millions d’euros dès 2020, destiné au soutien des investissements pour accélérer la diversification, la modernisation et la transformation écologique des entreprises de la filière automobile. Il servira à financer des prestations de conseil et des subventions directes pour accompagner les projets d’investissement ;
  • La mise en place d’un programme stratégique d’investissements pour soutenir l’innovation et la R&D de l’industrie automobile française qui sera financé par l’Etat en cohérence avec les axes prioritaires de la feuille de route technologique liés au véhicule du futur, validés par un comité d’orientation réunissant l’Etat et la filière. Dès 2020, 150 millions d’euros seront mobilisés pour contribuer à l’effort de relance de la filière ;
  • Le soutien par la France et l’Allemagne au financement d’une usine pilote de fabrication de batteries électriques porté par SAFT (filiale du groupe Total et producteur de batteries pour différents secteurs industriels) et le constructeur automobile PSA. Le plan de développement industriel permettra la construction de trois sites : un centre de R&D et une ligne pilote pour la mise au point des équipements de production à Nersac en Nouvelle-Aquitaine ; une usine sur le site industriel de PSA à Douvrin dans les Hauts-de-France et une usine en Allemagne. La participation de l’Etat s’élèvera à 690 millions d’euros.

De plus, le plan vise à soutenir les salariés de la filière automobile afin de les protéger, les accompagner et les former. Les mesures prévues sont les suivantes :
  • Le déploiement d’un plan de développement des compétences à destination des salariés des entreprises en activité partielle les plus exposées et sur des actions prioritaires (santé, robotisation digitalisation, transition écologique), financé par l’Etat à hauteur de 500 millions d’euros ;
  • La mise en place d’un plan d’urgence pour la formation en alternance (apprentissage et contrats de professionnalisation), en lien étroit avec les branches et l’Etat, pour réduire significativement le coût d’un jeune en alternance et permettre à la filière de viser une stabilisation du niveau d’alternants. Grâce à ce plan de soutien, les grandes entreprises maintiendront leur niveau d’apprentis, et le secteur dans son ensemble atteindra 5 % d’alternants d’ici 2021.

Enfin, l’ensemble des entreprises de la filière automobile, et en particulier des constructeurs automobiles et grands équipementiers têtes de filière, se sont engagés collectivement :
  • à poursuivre leurs efforts d’investissement, notamment en matière d’innovation, pour faire évoluer leurs gammes vers des véhicules plus propres en cohérence avec les objectifs fixés par la réglementation européenne en matière de réduction des émissions polluantes et de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique et accélérer leurs trajectoires vers les motorisations électriques ;
  • à signer une charte d’engagements sur les relations entre clients et fournisseurs au sein de la filière pour renforcer les bases d’une relation équilibrée entre donneurs d’ordre et sous-traitants et réussir ensemble la profonde transformation de l’industrie automobile ;
  • à localiser en France leurs activités de recherche et de production à forte valeur ajoutée.
 
Notes
puce note (1) Plan de soutien à l’automobile – pour une industrie verte et compétitive
 
 
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