La plateforme RSE publie un avis sur l’engagement pour l’égalité femmes-hommes des entreprises actives à l’international

Installée par le Premier ministre au sein de France Stratégie en juin 2013, la Plateforme RSE, plateforme nationale d’actions globales pour la responsabilité sociétale des entreprises, « émet des avis sur les questions qui lui sont soumises et formule des recommandations sur les questions sociales, environnementales et de gouvernance soulevées par la responsabilité sociétale des entreprises»(1) (RSE).
 
Elle a publié, le 17 septembre 2019, un avis relatif à l’engagement des entreprises actives à l’international en faveur de l’égalité femmes-hommes(2). Cet avis répond à la demande du ministre de l’Europe et des affaires étrangères de disposer d’un diagnostic identifiant les bonnes pratiques et les recommandations pour mobiliser les entreprises françaises actives à l’international en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, dans le cadre de leurs démarches de responsabilité sociétale.

Le premier chapitre présente le contexte et les enjeux de la mixité et l’égalité professionnelle femmes-hommes pour les entreprises. Que ce soit au plan national ou international, ces facteurs agissent sur la performance économique, la réputation et la fidélisation des salariés, des fournisseurs, la confiance des financeurs. « Selon l’OIT, le taux mondial de participation des femmes à la population active stagne autour de 50 % depuis 1995, contre plus de 70 % pour les hommes ». « Au sein de l’Union européenne, le taux d’emploi des femmes est de 67,4 % et celui des hommes est de 79 %. En France, le taux d’emploi des Françaises est de 68,1 % contre 75,7 % pour les hommes ». Les femmes occupent des emplois plus précaires et moins qualifiés. Les écarts salariaux entre les femmes et les hommes, environ 16% à l’échelle mondiale et européenne, s’expliquent par différents facteurs : différences de niveaux de qualification, de diplôme, d’expérience professionnelle, d’ancienneté, d’âge, le secteur d’activité ou le type d’employeur. Les femmes sont également sous-représentées dans l’accès à la formation professionnelle, dans les conseils d’administration et de surveillance, dans les comités exécutifs et les comités de direction, même si des progrès ont été réalisés ses dernières années.

Les freins à l’égalité femmes-hommes et à l’autonomisation des femmes s’expliquent par l’existence de législations restrictives, la répartition inéquitable du travail non rémunéré, un manque de soutien à la parentalité, et d’’accès à l’éducation, à l’énergie, au financement, à la santé et à la planification familiale, à des sanitaires ou encore à la sécurité.

L’avis retient que les entreprises françaises, à travers leur politique RSE, et leur capacité d’influence peuvent agir dans la diffusion de pratiques responsables et d’une culture de l’égalité femmes-hommes.

En effet, « en 2015, les firmes multinationales françaises contrôlent 37 000 filiales à l’étranger dans plus de 190 pays. Ces filiales à l’étranger emploient 5,5 millions de salariés, soit 58 % des effectifs des firmes dont elles font partie ».

De plus, l’avis rappelle le cadre réglementaire national, européen et international, les normes non contraignantes, référentiels et initiatives internationales, les chartes, labels et certifications en la matière.

Le deuxième chapitre est consacré à la mobilisation des entreprises en faveur de l’égalité femmes-hommes. Il présente les pratiques responsables pour l’égalité et réduire les écarts salariaux ; faciliter et accompagner la carrière des femmes ; favoriser la mixité ; lutter contre les violences sexistes et le harcèlement ; favoriser l’entrepreneuriat féminin. L’avis retient que le succès de la mobilisation des entreprises en faveur de l’égalité femmes-hommes est lié à la fois à un engagement au plus haut niveau de l’entreprise et à un dialogue social dynamique.

Enfin le troisième chapitre est consacré aux recommandations de la Plateforme RSE au Gouvernement en matière d’exemplarité de l’État, d’action économique, d’initiatives internationales. Pour que les initiatives en matière d’égalité femmes-hommes se déploient dans les implantations étrangères des multinationales françaises, la Plateforme RSE recommande notamment aux entreprises françaises actives à l’international d’encourager la progression hiérarchique des femmes à tous les niveaux et tout au long de la vie professionnelle, et ainsi développer les viviers de talents féminins (par l’éducation, la formation, la sensibilisation et le mentorat).
 
Notes
puce note (1) Article 5 du décret n° 2013-333 du 22 avril 2013 modifié portant création du Commissariat général à la stratégie et à la prospective
puce note (2) France Stratégie – Plateforme RSE – Avis « Engagement pour l’égalité femmes-hommes des entreprises actives à l’international »
 
 
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