Remise d’un rapport sur la présence économique française en Afrique au ministre de l'Europe et des affaires étrangères et au ministre de l'Economie et des Finances

A la suite d’une lettre de mission, signée à l'automne 2018, du ministre de l'Europe et des affaires étrangères et du ministre de l'Economie et des Finances confiant à Hervé Gaymard, ancien ministre et haut fonctionnaire, une mission sur les entreprises françaises en Afrique, celui-ci leur a remis son rapport le 23 juillet dernier(1). Il s’intitule « Relancer la présence économique française en Afrique : l’urgence d’une ambition collective à long terme » et formule au total 47 propositions.

Le rapport souligne que si les parts de marché de la France en Afrique ont été divisées par deux depuis 2001, passant de près de 12% à environ 6%, en réalité, « la présence économique française sur le continent africain est en nette augmentation en valeur absolue sur un marché qui a été multiplié par quatre en vingt ans.».

Selon le rapport, la Françafrique, qui entraverait la normalisation des affaires, est un concept inopérant, notamment en Afrique anglophone.

Le rapport propose de mener un exercice annuel de quantification et de communication autour de la contribution des entreprises françaises au développement du continent africain.

Évoquant la puissance chinoise, le rapport souligne que si « depuis le début des années 2000, les échanges commerciaux entre la Chine et le continent africain auraient été multipliés par 17 en 17 ans » selon l'agence de presse officielle chinoise Xinhua, la comptabilisation des projets chinois en tant qu'investissements directs à l'étranger reste ardue puisqu'ils se matérialisent avant tout par des prêts consentis par la Chine.

Il rappelle que l’Union européenne dans son ensemble reste le premier partenaire du continent africain et représente près de la moitié des échanges extérieurs du continent. « Sur un total d’importations entre le continent africain (dans son ensemble) vis-à-vis du reste du monde estimé en 2016 à 463 milliards de dollars, l'Union européenne à 28 représente 205 milliards de dollars, contre 80 milliards pour la Chine (contre respectivement 178 et 57 milliards de dollars en 2011) ».

Dans une deuxième partie, le rapport invite à anticiper l’économie africaine de 2050. Il s’agit de sortir pour les acteurs français, publics comme privés, des mouvements de balancier à court terme entre afro-optimisme et afro-pessimisme, et se projeter à l’horizon d’une génération. Pour le rapporteur, la défense de notre intérêt national à long terme passe par deux types de rôles : l’aide aux entreprises françaises à gagner sur les marchés existants et l’investissement pour les marchés de demain.

Dans une troisième partie le rapport invite à une approche plus structurée en coordonnant davantage le rôle d’accompagnement public et la mobilisation des acteurs privées.

La dernière partie donne des pistes concrètes pour atteindre les ambitions françaises sur le marché africain.
 
Notes
puce note (1) Rapport « Relancer la présence économique française en Afrique : l’urgence d’une ambition collective à long terme »
 
 
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