L’Assemblée nationale publie un rapport d’information sur le tourisme et fait des recommandations pour améliorer la qualité et la compétitivité de l’offre touristique française

La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a publié un rapport d’information, le 24 juillet 2019, consacré au tourisme(1).

Dans une première partie, le rapport constate que la France maintient son titre de première destination mondiale devant l’Espagne et les États-Unis, avec 89,3 millions de touristes étrangers accueillis pour l’année 2018 soit une augmentation de 3 % par rapport à l’année précédente. Les principaux visiteurs internationaux en France sont les visiteurs britanniques (13 millions d’arrivées), puis allemands (12,3 millions d’arrivées) ainsi que les Belges, les Suisses, et les Italiens. « La clientèle extra-européenne représente une proportion plus faible du nombre de visiteurs, mais croît à une vitesse plus rapide que la clientèle européenne » : la clientèle asiatique progresse de 7,4 %.

En 2017, l’économie touristique compte pour 7,2 % du PIB, soit 168 milliards d’euros. Les dépenses des Français en représentent les deux tiers. Le tourisme apporte une contribution favorable au rééquilibrage de la balance courante et est un secteur créateur d’emplois et de richesses dans les territoires. Ainsi la France compte 313 000 entreprises parmi les secteurs d’activité caractéristiques du tourisme qui créent 68,1 Mds€ de valeur ajoutée, essentiellement dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration.

Pour autant, la France ne peut se contenter de son titre de « première destination mondiale ».Avec 55,5 Mds€ de recettes économiques tirées du tourisme, la France n’est que troisième derrière les États-Unis (180 Mds$ en 2017) et l’Espagne (60 Md€). Deux facteurs principaux expliquent cette situation. D’une part, la France est une destination de transit : la durée de séjour y est globalement faible et stagne pour s’établir à 6,7 jours en 2018. D’autre part, elle n’offre pas aux touristes toutes les opportunités de consommation s’agissant, par exemple, de l’ouverture des commerces le dimanche ou des facilités de détaxe. « Selon les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme, la France, qui représentait 8 % du tourisme en 1978, n’en représenterait plus que 3,5 % aujourd’hui ».

La deuxième partie du rapport s’attache à « promouvoir une croissance soutenable pour un tourisme en quête de sens », par le développement d’une stratégie pour le tourisme durable. C’est-à-dire en rendant « compatible l’amélioration des conditions environnementales et sociales qui résulte du développement touristique avec le maintien de capacités de développement pour les générations futures ». Il est ainsi proposé de favoriser le développement du tourisme vert et du slow tourisme. La reconquête des clientèles française et de proximité, outre la juste répartition des flux de touristes sur les territoires est également une piste d’amélioration: aujourd’hui 80 % de l’activité touristique reste concentrée sur 20 % du territoire. Pour améliorer la desserte aérienne des territoires, il est ainsi proposé d’encourager le développement des aéroports régionaux et d’engager une stratégie plus offensive en matière de négociation des droits de trafic.

La troisième partie du rapport s’intitule « le tourisme des sens : miser sur les atouts français pour différencier notre offre ». Il s’agit de valoriser l’offre de tourisme France à travers son patrimoine esthétique et culturel, via l’importance de l’offre muséale et son art de vivre qui dispose d’une renommée internationale. Le rapport développe l’exemple de l’œnotourisme et du tourisme de gastronomie. Il est proposé d’encourager « le travail en réseau des cités de la gastronomie, pour faire naître des actions communes au niveau national et encourager des itinéraires de découvertes fondés sur le tourisme de gastronomie ».

Enfin dans une quatrième partie du rapport intitulée «insuffler du bon sens dans les politiques touristiques », pour répondre aux grands défis de notre économie touristiques il est recommandé de :
1) Construire une culture française de l’accueil et du service, à l’échelle de la société et chez les professionnels ;
2) Encourager la consommation touristique pour créer plus de recettes ;
3) Assurer les conditions du renouvellement de l’offre d’hébergement ;
4) Donner une nouvelle impulsion publique et politique au tourisme, en repensant la gouvernance aux échelles nationale et locale ;
5) Améliorer l’efficacité des statistiques et de la connaissance des phénomènes touristiques pour renforcer la pertinence de l’offre par rapport aux évolutions de la demande.
 
Notes
puce note (1) Rapport d’information Assemblée nationale commission des affaires économiques – Le tourisme
 
 
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