Rapport annuel 2019 du Conseil d’orientation des retraites

Dans le cadre du processus de suivi et de pilotage du système de retraite français mis en place par la loi du 20 janvier 2014 garantissant l’avenir et la justice du système de retraites(1), le Conseil d’orientation des retraites (COR) a publié le 13 juin 2019 son rapport annuel 2019 intitulé « Évolutions et perspectives des retraites en France »(2), procédant à une actualisation, à législation constante, des projections à court, moyen et long terme du système de retraite. Les indicateurs financiers et sociaux qu’il contient visent à éclairer les choix en matière de politique publique des retraites et d’évaluer que le système de retraite est à même de remplir les objectifs qui lui sont assignés (niveau de vie satisfaisant pour les retraités, équité entre les assurés, pérennité financière).

La première partie du rapport présente les évolutions démographiques (fécondité, mortalité etc.) et économiques (chômage, salaires, etc.) passées et prévisibles, selon quatre scénarios de gain de productivité du travail à long terme (1 %, 1,3 %, 1,5 % et 1,8 %) associé à un taux de chômage stable de 7 %. Le COR projette que l’évolution de la part des dépenses de retraite dans le PIB devrait diminuer à l’horizon 2070, même si la part des dépenses de retraite dans le PIB serait plus élevée dans les scénarios 1,3 %, 1,5 % et 1,8 % en 2040.

Le COR note, à cet égard, que l’impact du vieillissement de la population - et donc du ratio entre cotisants et retraités - sur le système de retraite est freiné par l’augmentation de l’âge de départ à la retraite qui passerait de 62 ans en 2018 à 64 ans vers 2040 à législation inchangée, sous l’effet des réformes passées et du recul de l’âge d’entrée dans la vie active.

Dans une seconde partie, le rapport décrit les évolutions du système de retraite compte tenu de ses principaux objectifs et en tenant compte des indicateurs de suivi précédemment analysés. Le COR prévoit un accroissement en euros constants des pensions mais, contrairement au passé, elles augmenteraient moins vite dans le futur que les revenus d’activité. Si, en 2016, le niveau de vie moyen des retraités est légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population, il est relativement stable depuis 1996. Selon les scénarios, le niveau de vie relatif des retraités s’établirait entre 91 % et 96 % en 2040 et entre 78 % et 87 % en 2070, soit à son niveau des années 1980.

Le COR souligne également que, parmi les dispositifs de solidarité, les minima de pensions permettent d’améliorer les taux de remplacement du salaire net moyen de fin de carrière pour les retraités les plus modestes. Les projections à plus long terme envisagent une diminution de ce taux de remplacement (71 % et 76 % pour la génération née en 1980), d’autant plus que la croissance du revenu d’activité moyen serait forte.

Enfin, le COR relève que les femmes valident des durées d’assurance désormais plus longues que celles des hommes et que les écarts de pension avec les hommes tendent à diminuer. Actuellement de 25 %, cet écart serait ramené à 12 % en 2070 en raison des mécanismes des dispositifs de solidarité et de la plus grande longévité des femmes.
 
Notes
puce note (1) Article L. 114-2 du code de la sécurité sociale
puce note (2) Rapport annuel 2019 du Conseil d’orientation des retraites, « Evolutions et perspectives des retraites en France »
 
 
Informations légales | Données personnelles