L’Autorité des marchés financiers publie sa cartographie des risques et des marchés 2019

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié l’édition 2019 de sa cartographie des risques et des marchés(1). Établies annuellement depuis 2007, ces études analysent sur un an l’évolution des risques liés à l’actualité économique, financière et réglementaire.

Le risque majeur identifié par la cartographie de l’AMF est celui d’une correction des marchés en Europe et aux États-Unis. Une telle variation des marchés est susceptible d’être déclenchée par la hausse de la prime de risque. Déjà survenue fin 2018 simultanément à une baisse temporaire des marchés actions avec une chute de 12 % de l’indice américain S&P 500 ainsi qu’un recul de 14 % pour le CAC 40, une nouvelle révision de la prime de risque pourrait impacter les marchés du fait d’incertitudes sur l’évolution de la politique monétaire ou encore du contexte du Brexit. À cet égard, l’AMF recommande notamment la supervision des acteurs ayant relocalisé leurs activités en quittant le Royaume-Uni. L’incertitude quant à l’évolution future des politiques monétaires qui pourraient s’avérer moins favorables qu’escompté par les acteurs de marché est également de nature à provoquer une correction des marchés européens et étasuniens.

Le second risque de vulnérabilité est celui de l’insolvabilité des acteurs endettés dont les capacités de remboursement seraient menacées par un ralentissement plus net de l’activité ou par une remontée inattendue des taux d’intérêt. Là encore, l’étude de l’AMF met en cause les politiques monétaires qui établiraient un climat de confiance artificiel incitant les emprunteurs à risques à s’endetter et les prêteurs à réduire leurs exigences. L’étude préconise de prendre des politiques macro-prudentielles préventives afin de limiter les risques systémiques en alertant notamment les épargnants.

Par ailleurs, l’AMF alerte sur le développement de la finance à effet de levier, qui regroupe les « instruments de dette destinés à financer des entreprises non-financières déjà très largement endettées et présentant de ce fait un risque de défaut plus important ». Si les fonds de droit français exposés sont limités, l’encours mondial de ce type de finance est estimé à 3 000 milliards d’euros.

En outre, la cartographie intègre de nouveaux risques mis en lumière par la directive MIF 2(2) adoptée en 2016. Alors que la directive visait à ramener les volumes réalisés de gré à gré vers des plateformes transparentes, le premier trimestre 2019 a enregistré une hausse significative de la part de marché des internalisateurs systématiques causant l’effet inverse.

Enfin, l’AMF signale les risques issus du manque de coopération internationale et la nécessité d’établir une supervision efficace des marchés au niveau européen afin d’anticiper de potentiels bouleversements brutaux dans un contexte transitoire marqué par l’incertitude.
 
Notes
puce note (1) Communiqué de presse de l’AMF, « L’Autorité des marchés financiers publie sa cartographie des risques et des marchés 2019 »
puce note (2) Directive déléguée (UE) 2017/593 de la Commission du 7 avril 2016 complétant la directive 2014/65/UE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne la sauvegarde des instruments financiers et des fonds des clients, les obligations applicables en matière de gouvernance des produits et les règles régissant l'octroi ou la perception de droits, de commissions ou de tout autre avantage pécuniaire ou non pécuniaire
 
 
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