Le CESE publie un avis et un rapport relatifs à l’éducation populaire

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié un avis(1) adopté le 28 mai 2019 sur le rapport « L'éducation populaire, une exigence du 21ème siècle » réalisé au nom de la section de l'éducation, de la culture et de la communication.

Selon le CESE, dans un contexte de crise économique et sociale de longue durée et l’émergence de nouvelles formes de revendication et d’expression populaire, l’éducation populaire doit être employée comme un « incubateur de réflexions ». L’avis la définit comme un projet à visée transformatrice de la société contribuant à l’émancipation individuelle et collective : elle repose sur une pédagogie active et inclusive et le droit à l’expérimentation. L’éducation populaire se caractérise également par la diversité des structures collectives impliquées, depuis les fondations et associations à but non lucratif aux acteurs publics en passant par les comités d’entreprises.

Du fait de sa complémentarité avec l’éducation nationale, l’éducation populaire se retrouve aujourd’hui associée au terme « périscolaire ». Dans son avis, le CESE estime que la restauration de la semaine de quatre jours et demi en 2013 par la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République(2) n’a pas permis le développement escompté de loisirs éducatifs, 80 % des communes ayant renoncé au projet éducatif territorial (PEDT) à visée d’équité scolaire et de justice sociale.

Jugée essentielle à la cohésion sociale et territoriale, l’éducation populaire serait une exigence du 21ème siècle que le CESE soutient par vingt préconisations organisées autour de cinq grands axes.

Le Conseil souhaiterait que soit engagé un plan national volontariste développant des équipements, lieux de partage et de débat faisant intervenir les acteurs territoriaux de l’éducation populaire. Cette action pourrait être complétée par le renforcement des moyens humains et financiers en faveur de la recherche et de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) ainsi que par la création d’un fonds de soutien à l’innovation et à l’expérimentation.

Par ailleurs, le CESE recommande de développer le lien social par l’instauration d’un plan de relance des projets éducatifs de territoire, des colonies de vacances et des classes de découverte, ou encore le renforcement de divers programmes tels que le Parcours citoyen au collège et au lycée et le dispositif des Fabriques d’initiatives citoyennes.

Le recours à la convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) comme mode de financement de l’activité des structures d’éducation populaire et l’augmentation du nombre de postes subventionnés par le Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire permettrait de sécuriser le modèle économique de ces structures.

L’avis du CESE préconise en outre la valorisation du bénévolat par une série de mesures et la coordination de l’offre de formation initiale et continue des métiers de l’éducation populaire.

Enfin, le développement du Passeport Bénévole dès le lycée en parallèle du renforcement des moyens d’accès aux services civiques est proposé.
 
Notes
puce note (1) Avis et rapport du CESE, L'éducation populaire, une exigence du 21ème siècle (pdf)
puce note (2) Loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République
 
 
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