Présentation de l’évolution de l’artisanat : une reprise d’activité en 2018, sauf pour les entreprises artisanales sans salarié

Dans le cadre de la préparation du rapport annuel sur l'Etat de la France 2019, l’Institut Supérieur des Métiers, organisme créé par l'Etat, l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers et de l'Artisanat et l’Union des entreprises de proximité, a présenté devant le CESE, les principaux axes d'évolution de l'artisanat 2017/18(1).

L’artisanat est un ensemble économique juridiquement défini par la loi du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat(2). Il regroupe les entreprises exerçant, à titre principal ou secondaire, l’une des 489 activités de fabrication, transformation, réparation ou prestation de services définies par l’arrêté du 10 juillet 2008 relatif à la Nomenclature d’activités française du secteur des métiers et de l’artisanat (NAFA)(3). Ces entreprises doivent en outre être immatriculées au Répertoire des métiers tenu par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat et ne pas employer, lors de leur création, plus de 10 salariés.

En 2017, l’Institut supérieur des métiers dénombre 1 390 000 entreprises artisanales dont 1 170 000 à titre principal. 61% des entreprises artisanales n’avaient pas de salarié (elles étaient 43% en 2000), mais les PME artisanales (c’est-à-dire celles avec plus de 10 salariés) représentaient un quart des PME françaises. 30% des entreprises du secteur étaient en situation préoccupante voire très préoccupante, avec un chiffre d’affaires et une trésorerie en baisse.

En 2018, les indicateurs montrent une reprise de l'activité, sauf pour les entreprises artisanales sans salarié. Cette reprise est essentiellement portée par le bâtiment (+5% de chiffre d’affaires en 2018) et les entreprises de travaux publics (+2%). Elle se traduit par une hausse des déclarations d'embauche (+7% par rapport à 2017) et « une baisse des CDD courts mais l'impact sur l'emploi salarié reste ténu et le nombre de non-salariés est également orienté à la baisse ». Cela s’explique à la fois par un turn-over élevé des salariés et par des difficultés plus importantes à recruter par rapport aux autres secteurs. En effet, 48% des postes sont difficiles à pourvoir dans l’artisanat contre 37% dans l’ensemble des secteurs.

L’étude note une sortie de crise variable suivant les régions et les territoires mais l'artisanat maintient un rôle d'amortisseur économique dans les territoires plus fragilisés : communes rurales et quartiers prioritaires de la politique de la ville.
 
Notes
puce note (1) Institut supérieur des métiers - Evolution de l'artisanat 2017/18
puce note (2) Loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat
puce note (3) Arrêté du 10 juillet 2008 relatif à la Nomenclature d'activités française du secteur des métiers et de l'artisanat
 
 
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