Le Conseil économique, social et environnemental publie un avis sur « Les jeunes et l’avenir du travail »

Saisi par le Premier ministre le 23 juillet 2018, la section du travail et de l’emploi du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié un avis relatif aux jeunes et l’avenir du travail(1) le 27 mars 2019.

L'âge moyen d'accès à un premier emploi stable est passé de 20 ans en 1975 à 27 ans aujourd'hui, tandis que la précarité de l’emploi s’est accrue chez les jeunes, en particulier les moins qualifiés qui rencontrent des difficultés d’insertion. D’après une enquête de l’INSEE en 2018, 20,8 % des jeunes de 15-24 ans ayant terminé leur formation initiale étaient au chômage. Le travail indépendant demeure une solution par défaut ou bien un travail occasionnel pour une majorité de jeunes, de même que le premier emploi est souvent temporaire.

Le CESE constate la poursuite des tendances à la tertiarisation du marché du travail et à la polarisation des qualifications, soutenues par le développement de l’usage des nouvelles technologies. L’automatisation et l’informatisation du travail ont transformé les métiers et ont redéfini la conception du travail, comme l’illustre la création d’un droit à la déconnexion depuis le 1er janvier 2017.

Le rapport signale des difficultés de financement des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, notamment du fait du vieillissement de la population et de la prise en charge des maladies chroniques qui pèse sur le travail des jeunes. L’avis souligne néanmoins la vision optimiste du travail par les jeunes en début de vie professionnelle, ainsi que leur recherche de sens et de reconnaissance des compétences, le travail étant perçu comme un vecteur de socialisation.

Le CESE formule plusieurs recommandations autour de trois axes principaux. Le premier axe retenu vise à améliorer l’accès des jeunes au monde du travail et les parcours professionnels. Condition première pour débuter la vie professionnelle dans un climat de confiance, l’avis se prononce en faveur de recrutements en contrat à durée indéterminée (CDI) en limitant le recours abusif aux contrats courts.

Le CESE met également l’accent sur la formation dans la continuité de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel(2) qui a notamment étendu le droit à la formation à 30 ans tout en unifiant les prélèvements pour le financement de ce type de dispositifs à destination des jeunes. Il recommande ainsi d’investir dans la formation des jeunes décrocheurs tout en dotant les missions locales « des moyens matériels et humains, adaptés à leur situation, et des compétences juridiques nécessaires à l’accomplissement de leurs missions actuelles ainsi qu’à la mise en œuvre de la nouvelle obligation de formation des jeunes jusqu’à 18 ans » par un renforcement des crédits.

L’avis appuie sur la nécessité d’accompagner les jeunes dans le montage des dossiers de Validation des acquis de l’expérience (VAE) en début de vie active par une meilleure concertation entre les pouvoirs publics, les employeurs et les branches professionnelles. De la même façon, le compte personnel de formation (CPF) pourrait être ouvert à « tous les primo-demandeurs d'emploi ou primo-créateurs d'activité en le dotant d'un capital initial d'amorçage financé sur fonds publics ».

Le développement de l’offre d’hébergement et des services sanitaires et sociaux devrait permettre de réduire les inégalités géographiques.

Le deuxième axe dégagé par le CESE traduit une aspiration générale en faveur d’un travail plus riche de sens ainsi que d’un engagement pour un modèle productif plus respectueux de la qualité de vie au travail. Valoriser les expériences extraprofessionnelles à l’embauche, développer des espaces de discussion, engager une concertation nationale et interprofessionnelles sur le congé de paternité en vue de son allongement, réaliser un bilan de la mise en œuvre du droit à déconnexion introduit par la loi du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels(3) sont les leviers retenus par les rapporteurs.

Le troisième axe proposé vise à mieux intégrer les objectifs de transition économique, sociale et environnementale et accompagner les transitions. Au renforcement des droits individuels, dans le cadre du compte personnel d’activité par exemple, s’ajouterait une responsabilité sociétale des entreprises plus effective et transparente.
 
Notes
puce note (1) CESE – Avis sur « les jeunes et l’avenir du travail »
puce note (2) Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel
puce note (3) Loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels
 
 
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