Rapport annuel 2020 de la Banque de France

Le rapport annuel 2020 de la Banque de France (1) rend compte des actions entreprises pour maintenir ses missions et la confiance dans la monnaie dans le contexte de la covid-19 et assurer le bon financement de l’économie.

L’année 2020 a été marquée par la crise sanitaire : la récession a été de 6,8%. " L’amortisseur public " a joué massivement, bâtissant un " pont de financement " pour les entreprises et préservant le pouvoir d’achat des ménages. Pour le gouverneur de la Banque de la France, François Villeroy de Galhau, le taux d’endettement dépassant les 115% du PIB est soutenable " si l’économie se redresse et si une trajectoire mieux maîtrisée de coûts publics recrée des marges de manœuvre ".

La Banque de France a entrepris plusieurs chantiers d’envergure en 2020 tel que le verdissement pour une économie plus durable et vertueuse. Le Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS) (2) s’est étoffé et compte désormais 80 membres dont la Réserve fédérale américaine depuis fin 2020. Un de ses objectifs est de sortir complètement des investissements liés au charbon d’ici 2024.

Les actions du plan de transformation " Ambitions 2020 " mis en place depuis 2016 ont été menées à leur terme, pour devenir plus performante, visible et innovante : 55 des 59 actions qui structuraient ce plan stratégique ont été mises en œuvre.

Trois grandes missions sous-tendent l’action de la Banque de France :

En matière de stratégie monétaire, la France a participé à la gestion de la crise au sein de l’Eurosystème. Les prêts d’urgence garantis par l’État, d’un montant total de 130Mds€ ont été bien orientés vers les PME. La Médiation du crédit est intervenue auprès de plus de 14 000 entreprises, quinze fois plus qu’habituellement, aidant ainsi à préserver près de 80 000 emplois.

En matière de stabilité financière, la Banque de France, l’ACPR (autorité de contrôle prudentiel et de résolution) et le HCSF (Haut conseil de la stabilité financière) ont suivi de manière rapprochée les banques, organismes d’assurance, les infrastructures de marché ainsi que la liquidité bancaire tout au long de la crise sanitaire. Les banques ont été soumises à des règles de capital minimum strictes et à l’exercice de stress test relatif à l’appréciation des risques liés à la gestion de la crise. Les dispositifs normatifs évoluent avec la finalisation des accords de Bâle 3 pour les banques (3) et la revue de " Solvabilité2 " pour les assurances.

En matière de services à l’économie et à la société, la Banque de France a adapté ses outils afin de garantir l’accès à ses services durant la crise sanitaire, notamment via le site accueil.banque-france.fr. Elle a également été mobilisée pour lutter contre le surendettement des ménages au travers des actions de prévention, le droit au compte etc. La campagne de cotation des entreprises a été menée à bien en mettant l’accent, au-delà de l’étude des états financiers, sur l’environnement (croissance du marché, intensité concurrentielle, visibilité), le positionnement de l’entreprise dans cet environnement (avantages concurrentiels, relations avec les clients et les fournisseurs) et la cohérence de sa stratégie (perspectives d’évolution de l’activité, capacité de rebond).

 

Lancement d’une initiative de place sur la finance à impact

Le 25 mars 2021, le ministre de l’économie, des finances et de la relance, la secrétaire d’état chargée de l’économie sociale, solidaire et responsable et le président de " Finance for Tomorrow " ont lancé une initiative de place sur la finance à impact (1) dont l’objectif est de faire de Paris le premier centre financier mondial de la finance à impact.

La réunion de tous les acteurs (gestionnaires d’actifs, investisseurs, banques, associations et universitaires) autour de l’évènement « La finance à impact : effet de mode ou tendance de fond de la finance durable ? » a permis la création d’une taskforce dont les travaux se tiendront sous l’égide de Finance for Tomorrow (2).

Ses objectifs : poser une définition commune de la finance à impact, en déterminer les méthodologies de mesure et élaborer des recommandations pour garantir le leadership de la France dans ce domaine.

Née aux Etats-Unis dans les années 2000, la finance à impact est une notion d’investissement qui recherche simultanément la rentabilité économique ainsi qu’un impact social et environnemental positif et mesurable. Elle s’inscrit au sein du développement de l’investissement durable.

En France, ce marché est encore jeune et ne représente que 4Mds€. Le Haut-commissariat à l’économie sociale et solidaire a fait le constat d’une montée en puissance globale de l’investissement à impact notamment par l’essor des besoins en financement. Deux rapports réalisés par une mission hébergée par l’association Impact Invest Lab (iiLab), " Doter la France d’une culture commune de l’investissement à impact " et " Investir pour transformer durablement " (3) permettent de nourrir la réflexion en cours sur la finance à impact et plus particulièrement sur l’élaboration d'outils de mesure et d'évaluation de l’impact environnemental et social des investissements.

Les défis de la finances à impact sont nombreux tels que la collecte de données fiables et leur coût élevé ou la recherche d'une articulation entre impact et investissement socialement responsable.

 
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