Point de la Banque de France sur la conjoncture française à fin mars 2020

La Banque de France a publié, le 8 avril 2020, les résultats d’une enquête sur la conjoncture française à fin mars 2020 (1) qui a été menée du 27 mars au 3 avril auprès de 8 500 entreprises ou établissements.

Une chute brutale de l’activité a été constatée dans la plupart des secteurs au mois de mars 2020 depuis le début des mesures de confinement (qui ont été effectives à partir du 17 mars à 12h).

Dans l’industrie, le nombre de jours de fermeture exceptionnelle est de 5 jours en moyenne, mais varie de 1 jour dans la pharmacie à près de 8 jours dans le secteur du matériel de transport. L’industrie automobile, la métallurgie et les fabrications de machines et équipements sont les secteurs les plus affectés par la baisse d’activité. Pour l’ensemble de l’industrie, le taux d’utilisation des capacités de production est passé de 78% en février à 56% en mars.

Dans les services marchands, le nombre de jours de fermeture exceptionnelle en mars est de 6 jours en moyenne, avec des écarts encore plus importants : entre 1 jour dans l’informatique et 14 jours dans la restauration. Les chutes d’activité les plus importantes sont enregistrées dans l’hébergement et la restauration ainsi que le travail temporaire et la réparation automobile.

L’activité du bâtiment s’est également fortement dégradée avec la mise à l’arrêt, sur le début de la période de confinement, de nombreux chantiers.

Les entreprises, notamment les PME, jugent, tous secteurs confondus que la situation de leur trésorerie s’est nettement détériorée en mars. En conséquence, 17% des petites et moyennes entreprises et 22% des entreprises de taille intermédiaire ont augmenté leur demande de crédit de trésorerie sur la période de l’enquête.

À partir du nombre de jours de fermeture exceptionnelle déclarés par les entreprises au cours du mois de mars, la Banque de France a estimé la perte d’activité sur une semaine-type de confinement à - 32% dans l’ensemble de l’économie.

« Les pertes d’activité les plus fortes concernent la construction (avec une baisse à hauteur des trois quarts de l’activité normale) et les secteurs du commerce, transports, hébergement et restauration (à hauteur des deux tiers de l’activité normale) ». L’étude précise que pour l’industrie manufacturière, la construction et les services marchands non financiers (qui représentent ensemble 55% du PIB), la perte d’activité représente environ la moitié du niveau normal.

La Banque de France estime que chaque quinzaine de confinement ampute le niveau du PIB annuel de près de −1,5%.

L’enquête de conjoncture rappelle qu’ « il faut remonter au 2ème trimestre 1968, marqué par les événements du mois de mai, pour retrouver une baisse trimestrielle de l’activité du même ordre de grandeur. Le PIB avait alors chuté de -5,3%, avant de rebondir de +8,0% au 3ème trimestre 1968 ».
 

Publication de l’édition 2020 du rapport annuel « Territoires connectés » de l’Arcep

L’édition 2020 du rapport annuel « Territoires connectés » (1) de l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) publiée le 10 avril 2020 fait le bilan des actions menées en faveur de l’aménagement numérique du territoire en 2019, et identifie les chantiers à venir.

     Le rapport fait un état des lieux du New Deal mobile mis en place dans le cadre du Plan France Très Haut Débit. Lancé en 2018, ce dispositif fixe des obligations aux opérateurs afin d’orienter leurs efforts vers la généralisation d’une couverture mobile de qualité à l’ensemble du territoire. L’ARCEP suit les déploiements effectués dans tableau de bord du New Deal mobile (2), publié chaque trimestre, en mesurant les avancées des opérateurs dans les domaines de l’équipement de tous les sites mobiles existants en 4G, de l’amélioration de la couverture ciblée, de la couverture des axes routiers prioritaires en très haut débit (THD), ou encore des solutions de couverture à l’intérieur des bâtiments. En particulier, le dispositif de couverture ciblée a permis aux collectivités d’identifier 1300 nouveaux sites à couvrir en priorité sur leur territoire en 2019. 485 de ces zones devraient ainsi être raccordées au réseau en 2020.

     Avec 4,8 millions de locaux supplémentaires rendus raccordables au réseau de fibre optique en 2019, soit une augmentation de 50% par rapport à 2018, le nombre de locaux raccordables à la fibre optique a été porté à 45% (3). L’Arcep entend poursuivre et accélérer la migration vers la fibre, en vérifiant notamment que l’obligation de complétude des déploiements des réseaux de fibre jusqu’à l’abonné, ou réseaux FttH (Fiber to home), est bien respectée par les opérateurs. La complétude est atteinte dès lors que l’ensemble des locaux d’une zone, dite « zone arrière de point de mutualisation » (ZAPM), sont rendus raccordables dans un délai raisonnable. En 2019, les opérateurs Orange, SFR et Free ont ainsi été mis en demeure par l’Arcep de respecter leurs obligations à cet égard.

L’Autorité contrôle par ailleurs le respect des engagements pris par les opérateurs dans les zones très denses dans lesquelles ils déploient la fibre optique sur fonds propres, dites zones AMII (appel à manifestation d’intention d’investissement), de même que dans le cadre des AMEL (appels à manifestation d’engagements locaux), situés dans des territoires plus ruraux. L’Arcep a ainsi été amenée à se prononcer sur dix projets d’AMEL l’année précédente.

Par la suite, elle accompagnera la bascule du réseau cuivre vers la fibre et contrôlera le respect des principes réglementaires de tarification des réseaux FttH.

     Le déploiement du réseau de fibre optique doit bénéficier aux TPE-PME (4) en faisant émerger un marché de masse, concurrentiel, de la fibre « pro » à des tarifs abordables. Afin de garantir à chaque entreprise, quelle que soit sa localisation sur le territoire, la disponibilité d’une offre sur fibre adaptée à ses besoins, l’Arcep envisage ainsi d’imposer à l’ensemble des opérateurs d’infrastructures FttH de fournir l’accès passif à leurs réseaux FttH avec deux niveaux de qualité de service renforcée. L’Autorité estime que le taux de lignes FttH éligibles à au moins une offre de gros activée est passé de 11% au 1er trimestre 2017 à 85% au 1er trimestre 2019.

     Au-delà de la fibre, dont la généralisation à l’ensemble du territoire devrait encore prendre plusieurs années, le rapport présente les différentes solutions techniques complémentaires devant permettre l’inclusion numérique de l’ensemble du territoire au très haut débit d’ici fin 2022. Le très haut débit radio, la montée en débit du réseau cuivre, le satellite, mais aussi la 4G fixe, devraient permettre la généralisation d’un débit supérieur à 30 Mbits par seconde.


Afin que consommateurs et élus puissent connaître en chaque lieu du territoire les offres et le débit internet fixe disponibles, l’Arcep a développé un nouvel outil, « Ma connexion internet », sous forme d’un moteur de recherche cartographique. Une version beta sera mise en ligne au deuxième trimestre 2020.

     Enfin, le rapport se penche sur la connectivité fixe et mobile des territoires ultra-marins et souligne une nette amélioration par rapport à 2018, avec une multiplication par deux des débits moyens dans presque tous les territoires. Cette amélioration globale a été observée lors de sa campagne de mesures 2019, étudiant la qualité des services mobiles et contrôlant les cartes de couverture mobile en Outre-mer. En 2020, l’Arcep lancera les appels à candidatures pour l’attribution des fréquences de la bande 700 MHz à La Réunion et à Mayotte et préparera les appels à candidatures pour attribuer les fréquences de cette bande dans les autres territoires ultra-marins.
 

Plan d’action pour l’économie circulaire de la Commission européenne

Dans le cadre de la stratégie industrielle de l'Union européenne (UE), la Commission européenne a présenté, le 11 mars 2020, un nouveau plan d’action pour l’économie circulaire (1).

Élément constitutif du Pacte vert pour l’Europe (2) du 11 décembre 2019, il prévoit des mesures à mettre en œuvre tout au long du cycle de vie des produits, pour renforcer la compétitivité européenne tout en protégeant l'environnement et en donnant de nouveaux droits aux consommateurs.

Aujourd’hui seulement 12 % des matières et des ressources secondaires sont réintroduites dans notre économie or pour parvenir à une neutralité climatique d'ici à 2050, il faudrait que toute l’économie soit circulaire.

Pour garantir que les ressources utilisées restent dans l'économie de l'Union européenne aussi longtemps que possible, le plan d’action met l'accent sur la conception et la production.

La Commission présentera une proposition d’acte législatif afin que les produits mis sur le marché de l'Union soient conçus pour durer plus longtemps, plus faciles à réutiliser, à réparer et à recycler et contiennent autant que possible des matériaux recyclés plutôt que des matières premières primaires. Ces dispositions limiteront les usages uniques, lutteront contre l'obsolescence prématurée et interdiront la destruction des marchandises durables invendues.

Les consommateurs auront davantage le choix de consommation durable pour l'environnement, en étant informés de la réparabilité et de la durabilité des produits, afin de les aider à faire des choix bénéficiant ainsi d'un véritable « droit à la réparation ».

La Commission prévoit des mesures concrètes dans les secteurs utilisant le plus de ressources et dont le potentiel de contribution à l'économie circulaire est élevé.

Ainsi dans le secteur des matériaux électroniques, les produits devront durer plus longtemps et la collecte et le traitement des déchets seront améliorés. Pour le secteur des batteries, un nouveau cadre réglementaire permettra de renforcer leur durabilité et de stimuler leur potentiel de contribution à l'économie circulaire. Pour le secteur des matières plastiques de nouvelles dispositions contraignantes relatives à la teneur en matières recyclées seront prises et une attention particulière sera accordée aux microplastiques ainsi qu'aux plastiques biosourcés et aux matières plastiques biodégradables. Il est prévu de réduire les emballages et les suremballages.

Dans le secteur des textiles est mise en place une nouvelle stratégie de l'Union pour les textiles afin de renforcer la compétitivité et l'innovation dans la filière et de stimuler le marché européen des textiles réutilisés.

Le secteur de la construction et bâtiments bénéficiera d’une stratégie globale pour un environnement bâti durable pour appliquer les principes de l'économie circulaire aux bâtiments.

Concernant la gestion des déchets, le plan d’action vise à éviter totalement les déchets et à les transformer en ressources secondaires de grande qualité qui bénéficieront d'un marché des matières premières secondaires fonctionnel. La Commission envisagera la mise en place d'un modèle harmonisé à l'échelle de l'UE pour la collecte sélective des déchets et l'étiquetage. Le plan d'action présente également une série de mesures visant à réduire au minimum les exportations de déchets de l'Union européenne et à lutter contre les transferts illicites.

La Commission européenne projette que l'économie circulaire aura des retombées positives nettes en termes de croissance du PIB de l’Union (de 0,5 % d'ici à 2030) et de création d'emplois (+ 700 000 nouveaux emplois).
 
Informations légales | Données personnelles