Le CESE rend un avis sur l’état de la France en 2019 intitulé « cohésion et transitions : agir autrement »

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) a adopté, le 11 septembre 2019, son rapport annuel sur l'état de la France 2019 intitulé "Cohésion et transitions : agir autrement"(1).

Composé d’un premier cahier introductif et d’un second cahier comprenant 11 chapitres, ce rapport dresse un état des lieux de la France sous ses aspects économiques, sociaux et environnementaux.

Le premier cahier revient sur les mouvements sociaux qui ont affecté la France ces derniers mois : « Ils témoignent avec une force inhabituelle de l’ampleur des fractures sociales et territoriales qui couvre de très nombreux aspects de la vie quotidienne (pouvoir d’achat, déserts médicaux, couverture numérique, accès aux services publics, centres ville en déshérence, etc.), pouvant donner le sentiment qu’une France privilégiée coexiste avec une France périphérique abandonnée ».

Ce cahier souligne la mise à l’épreuve de la cohésion sociale par la persistance d’un niveau élevé de pauvreté, un ressenti des inégalités en décalage par rapport à la réalité des statistiques, une augmentation de la précarisation des emplois, des sorties précoces du système scolaire, qui malgré une baisse, touchent les Français inégalement selon leur genre, leur milieu social, leur domicile, leur structure familiale et leur origine.

Le rapport alerte sur « la nouvelle baisse de l’effort de recherche de la France sur les dernières années (passant de 2,28 % du PIB en 2014 à 2,19 % en 2017)» lequel est, selon le CESE, un mauvais indicateur de la préparation de la France aux transitions en cours.
 
Pour freiner la hausse de l’empreinte carbone de la France, le CESE recommande « de développer l’économie circulaire et l’économie de fonctionnalité, le réemploi et la réparation des biens et surtout la relocalisation d’activités industrielles maîtrisées ». La hausse de l’artificialisation des sols (elle atteint 9,7 % du territoire métropolitain en 2017) doit retenir l’attention des pouvoirs publics pour préserver la surface agricole utile. Le CESE souligne l’importance de la cohérence des décisions en matière d’urbanisme. La qualité de vie est également abordée à travers les indicateurs de satisfaction dans la vie -dont le niveau est élevé malgré des craintes de l’avenir- et d’espérance de vie en bonne santé, où des progrès sont à réaliser pour atteindre la moyenne européenne. En 2017, l’espérance de vie en bonne santé est stable à 62,6 ans pour les hommes et augmente pour les femmes à 64,9 ans (+ 0,8 point par rapport à 2016).
 
Le second cahier passe en revue, avec des préconisations, le taux d’emploi en France, l’effort de recherche, l’endettement, l’espérance de vie en bonne santé, la satisfaction dans la vie, les inégalités de revenus, la pauvreté en conditions de vie, les sorties précoces du système scolaire, l’empreinte carbone, l’artificialisation des sols et enfin le produit intérieur brut.
 

Remise d’un rapport sur la présence économique française en Afrique au ministre de l'Europe et des affaires étrangères et au ministre de l'Economie et des Finances

A la suite d’une lettre de mission, signée à l'automne 2018, du ministre de l'Europe et des affaires étrangères et du ministre de l'Economie et des Finances confiant à Hervé Gaymard, ancien ministre et haut fonctionnaire, une mission sur les entreprises françaises en Afrique, celui-ci leur a remis son rapport le 23 juillet dernier(1). Il s’intitule « Relancer la présence économique française en Afrique : l’urgence d’une ambition collective à long terme » et formule au total 47 propositions.

Le rapport souligne que si les parts de marché de la France en Afrique ont été divisées par deux depuis 2001, passant de près de 12% à environ 6%, en réalité, « la présence économique française sur le continent africain est en nette augmentation en valeur absolue sur un marché qui a été multiplié par quatre en vingt ans.».

Selon le rapport, la Françafrique, qui entraverait la normalisation des affaires, est un concept inopérant, notamment en Afrique anglophone.

Le rapport propose de mener un exercice annuel de quantification et de communication autour de la contribution des entreprises françaises au développement du continent africain.

Évoquant la puissance chinoise, le rapport souligne que si « depuis le début des années 2000, les échanges commerciaux entre la Chine et le continent africain auraient été multipliés par 17 en 17 ans » selon l'agence de presse officielle chinoise Xinhua, la comptabilisation des projets chinois en tant qu'investissements directs à l'étranger reste ardue puisqu'ils se matérialisent avant tout par des prêts consentis par la Chine.

Il rappelle que l’Union européenne dans son ensemble reste le premier partenaire du continent africain et représente près de la moitié des échanges extérieurs du continent. « Sur un total d’importations entre le continent africain (dans son ensemble) vis-à-vis du reste du monde estimé en 2016 à 463 milliards de dollars, l'Union européenne à 28 représente 205 milliards de dollars, contre 80 milliards pour la Chine (contre respectivement 178 et 57 milliards de dollars en 2011) ».

Dans une deuxième partie, le rapport invite à anticiper l’économie africaine de 2050. Il s’agit de sortir pour les acteurs français, publics comme privés, des mouvements de balancier à court terme entre afro-optimisme et afro-pessimisme, et se projeter à l’horizon d’une génération. Pour le rapporteur, la défense de notre intérêt national à long terme passe par deux types de rôles : l’aide aux entreprises françaises à gagner sur les marchés existants et l’investissement pour les marchés de demain.

Dans une troisième partie le rapport invite à une approche plus structurée en coordonnant davantage le rôle d’accompagnement public et la mobilisation des acteurs privées.

La dernière partie donne des pistes concrètes pour atteindre les ambitions françaises sur le marché africain.
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La CRE publie son rapport de surveillance des marchés de gros de l’électricité et du gaz naturel pour 2018

La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) a publié le 23 juillet 2019 son rapport de surveillance des marchés de gros de l'électricité et du gaz naturel pour 2018(1). La surveillance de la CRE a pour objectif de s’assurer que les prix de gros de l’électricité et du gaz reflètent l’équilibre de l’offre et de la demande aux différentes échéances, de l’infra journalier jusqu’aux produits annuels à terme.

L’année 2018 s’est caractérisée par une forte progression des cours des matières premières avec une inflexion des prix à partir du quatrième trimestre. Les prix de gros de l’électricité sont restés élevés, même si le niveau des prix reste dans la moyenne des douze dernières années.

En ce qui concerne le gaz, « l’année 2018 a été par ailleurs marquée par la création de la zone unique de marché du gaz, la Trading Region France (TRF), née de la fusion des zones Nord et Sud ».

En 2018, le périmètre surveillé par la CRE a représenté plus de 600 000 transactions, soit l’équivalent de 1 720 TWh ou plus de 66 Mds €.

Au titre de ses activités continues de surveillance, 42 demandes d’informations ont été adressées aux acteurs de marché au cours de l’année écoulée.

La CRE a mené en 2018 un audit des activités de surveillance des bourses de l’électricité et du gaz naturel basées en France, EPEX SPOT et Powernext, pour s’assurer de la mise en œuvre opérationnelle et efficace du règlement européen concernant l'intégrité et la transparence du marché de gros de l'énergie (REMIT)(2).

Enfin, le Comité de Règlement des Différends et Sanctions (CoRDiS) a prononcé en 2018 sa première décision de sanction au titre de REMIT pour un montant de 5 millions d’euros(3).
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