édito

Plus de liberté, moins de normes

TC
Thomas Cazenave
Délégué interministériel à la transformation publique
Les usagers ont changé, ils sont en demande de services publics personnalisés, adaptés aux nouveaux besoins et modes de vie. Ils attendent de nous de réinventer la relation de service public. C’est un défi pour nous tous : être plus ingénieux et plus ouverts dans la manière de concevoir les politiques publiques, plus réactifs dans nos réponses, enfin plus agiles dans nos fonctionnements.

La direction interministérielle de la transformation publique (DITP) s’inscrit dans ce contexte. Le programme Action Publique 2022 en est son principal cadre d’action avec des objectifs très ambitieux : améliorer la qualité des services publics, offrir un environnement de travail modernisé aux agents, rendre l’administration plus efficiente et permettre ainsi la baisse de la dépense publique. La méthode pour impulser la transformation est distincte des démarches précédentes car le choix a été fait de responsabiliser les ministères sur leur plan de transformation tout en menant un exercice d’itération constante avec les comités d’experts CAP22 et J22(1).

Un levier fondamental de la transformation est d’assurer la transparence sur la qualité de nos services, c’est mettre ainsi la satisfaction de l’usager au cœur de nos décisions publiques et disposer d’aide à la décision côté managers et agents pour repenser l’action. La DITP pilote ce projet de publication des résultats, lancé officiellement lors du premier Comité Interministériel de la Transformation Publique.

Plus largement, la DITP porte le chantier « simplification administrative et qualité de service », qui est pensé par grand bloc de politique publique. A titre d’exemple, elle accompagne actuellement la Mission Egalité Handicap(2) afin de simplifier le parcours administratif des personnes handicapées en réduisant les irritants et les complexités.

Un autre levier tout aussi important est de revoir profondément le mode de faire en réduisant drastiquement la production de normes qui entrave l’action et la liberté d’agir des managers et des agents. C’est permettre ainsi à chacun de trouver la meilleure réponse au besoin. La première expérimentation « Carte blanche » en est une illustration concrète. Lancée par le Premier Ministre sur le bassin de vie de Cahors, elle permet de reconstruire un service public qui se fonde avant tout sur les besoins exprimés des usagers, en s’émancipant des contraintes administratives et juridiques. D’autres expérimentations dans les territoires seront lancées prochainement.

Enfin, pas de transformation sans numérique aujourd’hui ou intelligence artificielle demain. Le cœur du service public est d’être au service des usagers, le digital va permettre d’alléger certaines tâches des agents pour qu’ils puissent réinvestir la relation de service. C’est l’essence même du service public que de retrouver le contact et d’aller au-devant des citoyens !

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