édito

L’avenir du budget de l’Union européenne

SG
Sandrine Gaudin
Conseillère Europe au cabinet du Premier ministre
Secrétaire générale des affaires européennes
La Commission présentera en mai 2018 sa proposition pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l’Union.

Au-delà d’assurer une évolution ordonnée des dépenses comme le prévoit le Traité, le CFP constitue la traduction budgétaire des priorités politiques de l’Union. C’est un budget au service des citoyens européens qui en bénéficient au premier chef, qu’il s’agisse des étudiants, des apprentis, des agriculteurs, des chercheurs, des entreprises ou des personnes en situation de fragilité.

La négociation du CFP donne également lieu à un débat structurant permettant de donner une vision de long terme sur chacun des domaines d’action de l’Union : compétitivité et croissance, cohésion économique, sociale et environnementale, gestion durable des ressources, sécurité et citoyenneté, rôle de l’Europe dans le monde.

Elle se déroulera dans un contexte inédit marqué par le retrait du Royaume-Uni, troisième contributeur au budget derrière l’Allemagne et la France, et par de nouveaux défis collectifs auxquels nous devons répondre de manière unie : sécurité et défense, compétitivité économique et numérique, éducation, développement social, transition énergétique, migrations.

Dans ce contexte, nous avons besoin d’un budget volontariste au service d’une Europe souveraine qui garantisse notre sécurité et prépare l’avenir des jeunes Européens. Ceci implique de réinventer un budget modernisé dans toutes ses composantes et son fonctionnement pour refléter les attentes des citoyens européens. En cela, les politiques les plus anciennes et les priorités nouvelles ne doivent pas être opposées, mais présenter une réelle valeur ajoutée européenne. Repenser le budget devra s’accompagner d’une réforme en profondeur de son système de financement, qui doit être plus transparent, équitable, efficace et prévisible. Le retrait du Royaume-Uni constitue de ce point de vue une opportunité unique pour mettre définitivement fin à l’ensemble des mécanismes actuels de correction et réfléchir à l’introduction de nouvelles ressources propres.

Il est essentiel de compléter cette vision du CFP avec l’objectif de doter progressivement la zone euro d’une capacité budgétaire commune pour prévenir les crises futures, assurer la convergence économique et contribuer à la stabilisation macroéconomique en son sein.

La position de la France sera exprimée pour la première fois par le Président de la République lors du sommet informel du 23 février à Bruxelles.

abonnez vous
Informations légales | Données personnelles